Huit et demi et la question de la création

Dossier réalisé par Marina Dhoms et Alexandra Tcherkassova, élèves en terminale au lycée Buffon

 
   
01-01-2002  
 
   

Plan : Introduction I. La représentation du réel dans le film Aspects autobiographiques Points communs Guido/Fellini Fellini a dit Aspects du film rappelant l’Italie II. Analyse des désirs Définition du désir Quelques aspirations de Guido III. La création dans le film La création pour Fellini La création à travers Guido : échecs Succès de Fellini à travers les échecs de Guido Conclusion

Introduction

I La représentation du réel dans le film
Aspects autobiographiques
Points communs Guido/Fellini
Fellini a dit
Aspects du film rappelant l’Italie

II Analyse des désirs
Définition du désir
Quelques aspirations de Guido

III La création dans le film
La création pour Fellini
La création à travers Guido : échecs
Succès de Fellini à travers les échecs de Guido

Conclusion

 

Préambule

Né en 1920, Federico Fellini passe une enfance insouciante dans un milieu petit bourgeois. Il quitte sa ville natale de Rimini pour Florence en 1938. En 1939, il séjourne à Rome où il se fait engager dans un hebdomadaire humoristique de grand tirage, le Marc’Aurelio. Jusqu’en 1942, Fellini y écrit des textes mais il y réalise surtout des caricatures. Il gardera ce talent pendant toute sa vie, et la plupart des personnages de ses films seront d’abord créés sous forme de dessins. Dès 1942, Fellini participe à l’écriture de plusieurs scénarios. Pendant cette période, il écrit aussi des sketches pour la radio, dont l’une des interprètes est Giulietta Masina qu’il épousera fin 1943. En juin 1944, Rome est libérée par les Américains. Fellini ouvre alors une boutique de caricatures pour les soldats, c’est là que Rossellini viendra le chercher pour collaborer à un projet de court-métrage. Le projet se transforme en quelques semaines et Fellini, Rossellini et Amidei écrivent le scénario de Rome, ville ouverte. La collaboration entre Rossellini et Fellini durera plusieurs années et fera prendre conscience à ce dernier que le cinéma permet la même personnalisation de l’expression que l’écriture et le dessin. Il a été le créateur le plus original du cinéma italien des années cinquante-soixante-dix.


 La vague néo-réaliste est déjà presque terminée lorsque Federico Fellini commence sa carrière par un film (en collaboration avec Lattuada) qui s’y réfère encore beaucoup : Les Feux du music-hall (1951). Durant cette décennie, Fellini tourne cinq films, du Cheik blanc (1952) à Cabiria (1957) en passant par les Vitelloni (1953), La Strada (1954) et Il Bidone (1955), oeuvres encore enracinées dans le néo-réalisme, par certains aspects, mais qui témoignent déjà de la fantaisie existentielle du réalisateur à la recherche de ce grand cinéma fantasmatique qu’il va nous concocter durant les années soixante, à travers plusieurs films tels que La Dolce Vita, 8 ½, Juliette des esprits, Satyricon. 

INTRODUCTION

Huit et demi est l’histoire de l’histoire d’un film (qui ne se fera peut-être jamais) à travers les états d’âme, les rêves et les obsessions de son metteur en scène :  Guido, qui a 46 ans. Pris d’un malaise, il doit se soigner dans un établissement thermal. D’où une oisiveté forcée qui lui permet de faire un retour sur lui-même. Qui est-il ? Qu’a-t-il fait de sa vie ? Que veut-il ? Que lui veulent les autres ? Il pense, il rêve, il imagine. Et dans le même temps, il mène la vie mondaine d’une célébrité au repos. relatif. Sa maîtresse, sa femme ses collaborateurs et quelques importuns viennent sans cesse troubler sa méditation, ou au contraire la provoquer. Au cours de cet examen de conscience très embrouillé, il revoit ses parents, son enfance, les événements qui l’ont marqué, le tout traversé de rêveries complaisantes. Au terme de cette longue somnolence, il se réconcilie avec lui-même.


Nous avons d’abord été intriguées par le titre du film : Huit et demi. C’est ainsi que nous avons été séduites par l’originalité de ce film qui est également très surprenant. Nous l’avons ensuite revu pour tenter d’analyser certaines scènes qui nous ont intéressées. Le thème central du film qui est la création nous a particulièrement attirées mais aussi la manière dont il a été traité par Fellini.

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I LA REPRESENTATION DU REEL DANS LE FILM

1. Aspect autobiographique du film

Le fait que Fellini ne soit pas acteur-auteur conduit parfois à ne pas donner une forte impression d’autobiographie. Mais cela s’explique par le fait que Fellini n’a pas immédiatement décidé que son film serait autobiographique : il était simplement parti avec l’idée de faire le portrait d’un homme se remettant en question.

a) Points communs Guido/Fellini : souvenirs d’enfance de Guido réellement vécus par Fellini
’D'abord ils sont tous deux réalisateurs et traversent une crise d’inspiration :  Guido se rend dans une station thermale pour se reposer tandis que Fellini va affirmer sa grandeur en ayant le courage d’avouer sa peur, en donnant une existence cinématographique à ces doutes que tout artiste (ici le metteur en scène) a éprouvés devant l’acte de création. De plus il est intéressant de noter que Fellini a prêté son chapeau à Mastroianni pendant le tournage pour qu’il s’identifie plus facilement au personnage de Guido.

Fellini est le cinéaste de l’autobiographie vécue ou rêvée. Il poursuit une exploration de son univers intérieur ou de ses souvenirs, et en particulier de ses souvenirs d’enfance dans Huit et demi. L’épisode où Guido enfant se fait surprendre par les jésuites sur la plage en train d’observer Saraghina est tiré de l’enfance du réalisateur. La séquence où l’on voit Guido dans un collège de bonnes soeurs est une nouvelle allusion à l’enfance de Guido : les années d’internat qu’il a passées dans un collège confessionnel de Fano. En consacrant la fin du film au cirque, Fellini rend compte de la fascination qu’il a pour celui-ci depuis son enfance : il réalise en quelque sorte, à travers le film et à travers Guido, un rêve qui lui est cher. En effet, Fellini, enfant, a fait une fugue de son collège et a été attiré par un cirque : il a assisté à un spectacle qui l’a émerveillé. Et le directeur de son collège aurait été obligé de venir l’en retirer. 

b) Fellini a dit:

L'oeuvre autobiographique qu’est Huit et demi constitue vraiment " l’heure de vérité "  de Fellini. Il tente de lire en lui-même, analyse son propre processus créatif comme jamais aucun réalisateur ne l’a fait auparavant. Fellini parle de Huit et demi : " Le film est une confession sincère, extrêmement sincère. " " Je me rendais subitement compte que j’avais raconté une histoire personnelle, mes souvenirs d’enfance, mes problèmes actuels, mes rapports avec le producteur. " Comme Guido Fellini a besoin de gens autour de lui qui le stimulent, pour lui permettre d’avancer : " Je ne peux rien faire si je n’ai autour de moi une belle confusion "… " je ne peux réfléchir que si je suis pressé, bousculé, avec des questions à régler, au milieu des difficultés. " Fellini a affirmé son goût pour les voitures : " J’aime être en voiture. "  Dans le film, cela apparaît au début où Guido se trouve dans une voiture mais aussi dans la scène où il discute avec Claudia et vers la fin où il parle avec Daumier qui est son critique, mais aussi sa bonne conscience : il le conseille au pied de la fusée. Fellini dévoile par le choix des musiques du film son goût pour l’opéra. On remarque aussi qu’il rend hommage au cirque par le choix de la musique finale de Nino Rota.


2. Aspects du film rappelant l’Italie


La symbolique de l’eau est omniprésente tout au long du film. En témoigne le choix du lieu de l’action du film : une station thermale. On notera aussi l’apparition de Claudia Cardinale, un verre d’eau à la main. Puis Gloria, l’amie de Mezzabotta fait une allusion à l’histoire de l’eau : " Ecoutez la voix de la source, Acqua felice, disaient les Latins. " Tous ces détails qui ponctuent le film sont un rappel historique : en effet, les Romains accordaient une importance considérable à l’eau. Leur vie s’organisait autour de l’eau : les thermes étaient en grand nombre car ils avaient l’habitude de prendre des bains. Nous notons que le thème final du cirque tire ses origines de Rome et rappelle l'amphithéâtre avec les jeux du cirque qui étaient bien plus cruels. On remarque à un moment du film où les souvenirs d’enfance de Guido sont évoqués, que des enfants se baignent dans une grande cuve de jus de raisin ce qui met l’accent sur l’importance de la vigne et du vin chez les Romains qui sont d’ailleurs les inventeurs du tonneau. Il se dégage du film une certaine joie de vivre qui est typiquement italienne. Enfin, dans la scène du harem, on remarque que Luisa, l’épouse de Guido, dirige toute les autres femmes : cela renvoie à la " mamma " qui tient un rôle essentiel dans la famille italienne.

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II) ANALYSE DES DESIRS


1. Définition du désir


Il excède le strict besoin et oriente la tendance devenue consciente vers l’objet qu’elle se représente. Il y a deux orientations pour traiter le désir : le désir est un manque et une incomplétude comme on le voit chez Platon, avec par ex. le mythe de l’androgyne (cf. Le Banquet, de Platon) mais il est aussi caractérisé comme la mesure de la puissance et comme créateur de la valeur, puisque c’est en raison du désir que nous avons d’elle que nous jugeons une chose bonne. Hegel montre dans sa " dialectique du maître et de l’esclave " que l’homme parce qu’il est capable de nier sa nature animale désire la reconnaissance de sa liberté et de sa nature d’être humain par l’autre sans avoir à le reconnaître lui-même (cf. Guido : il cherche à être reconnu par Luisa sans vouloir faire un effort lui-même pour la réconciliation.) Le propre du désir est de toujours se heurter à l’interdit (par exemple réunir 2 choses ou 2 êtres incompatibles : sa maîtresse et sa femme, vivre entre le rêve et la réalité d’où la " grande confusion " de l’esprit de Guido, vouloir puiser son inspiration dans le mensonge.)

2. Quelques aspirations de Guido


Dans la première scène du film, Guido étouffe dans sa voiture puis réussit à s’échapper par la fente de la vitre, alors son imagination l’emporte dans le ciel et c’est Daumier (l’écrivain intellectuel et critique) qui ordonne à l’homme à la corde d 'abattre le cinéaste " définitivement ". Alors Guido s’écrase sur la plage. Daumier représente la critique qui violente l’imagination. Même s’il dit des choses justes, il a une attitude cynique et stérile purement négative et destructrice. C’est pour cela que Guido le pend dans son imagination. Guido tend vers l’évasion de la responsabilité adulte et le retour au mythe facile de l’enfance


 Le harem est la libre production de l’inconscient de Guido. Ce théâtre érotique contient les femmes désirées. Guido est le petit roi-soleil dans son Versailles, il ne fait que recevoir l 'hommage, suppliques et déclarations. Guido a besoin d’une muse pour pouvoir créer.

Guido désire créer, désire désirer pour retrouver son inspiration. La fusée est le symbole de la création, du départ et de la démesure. (cf. le caractère de démesure chez Guido). On peut la comparer à la tour de Babel, Guido s’égale au Dieu tout puissant et la destruction de la fusée et son insatisfaction sont la punition de sa vanité.

Pour créer il lui faut croire en sa femme, finalement c’est elle sa source principale d’inspiration. Son film ne peut pas marcher car il est basé sur le mensonge. Guido ne " sait pas aimer " et donc créer. Mais la fusée peut symboliser aussi l’arche de Noé à cause de ses énormes structures, pour sauver l’espèce de la bombe atomique (cf. contexte historique de l’époque : la guerre froide) Elle se transforme plus tard en cirque : tous les personnages de sa vie et de son film sont sur une passerelle, se tenant par la main. Ce miracle rend à Guido le goût de vivre, la vie est une fête. Il se réconcilie avec sa femme. Les désirs reprennent une dimension individuelle.

Guido renonce à faire son film parce qu’il aurait été confus, désordonné, trop proche de sa vie pour former une oeuvre, parce qu’il se serait réduit à une série disparate d’échos et de résonances, parce qu’il n’aurait comporté aucun message central, enfin et surtout parce qu’il n’aurait pas changé sa vie. C’est le sens du suicide symbolique de Guido à la fin de la conférence de presse, ainsi que les derniers propos de Daumier. Le suicide peut aussi symboliser le refus de continuer de vivre dans le mensonge et dans la confusion totale des sentiments ; il barre ainsi son passé pour recommencer sa vie.

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III) LA CREATION DANS LE FILM

1. La création pour Fellini

La création est l’action de tirer du néant. On distingue les créations humaines de la création du monde par Dieu. Pour Fellini, le film prend sa source non dans les choses vues (réalité) mais dans les choses rêvées. C’est par la rêverie que les cinéastes découvrent le monde. La rêverie désigne un " lieu magnifique où les images et les mots sont réconciliés " La création cinématographique se manifeste chez Fellini avec une pureté exemplaire. En consacrant un film à la création il a finalement voulu montrer l’importance de ce sujet au nom de tous les artistes. A travers Huit et demi, il nous fait prendre conscience des difficultés que nécessite l’acte de créer mais aussi la récompense et la satisfaction que procure la création.

2. La création à travers Guido : échecs


 Guido est perdu dans ses fantasmes ce qui l’empêche de créer. Il n’a plus d’équilibre dans sa vie : il vit dans le mensonge, la confusion, se trouve de plus en plus impuissant face à ce qui lui arrive. Il ne maîtrise plus rien. Il se laisse même aller au découragement lorsqu’en rêve il imagine le critique, Daumier, pendu au milieu de la salle de cinéma : c’est un signe de son exaspération. Il est aussi immobilisé par le doute, la peur du spectre de l’échec qui est une menace permanente. Tout cela fait qu’il ne parvient pas à créer. Il n’est pas en accord avec lui-même et donc pas avec les autres. Pour créer, il doit retrouver un équilibre nouveau, et pour cela renoncer au mensonge, s’abaisser pour être digne de créer une oeuvre. Dans le film, l’inspiration lui viendra de la " source " qui est génératrice d’énergie neuve, symbolise la renaissance psychologique. Le vol dans le ciel, au début, insiste sur le désir de Guido de revenir à l’essentiel, de se libérer de ce qui l’affaiblit. Il retrouve peu à peu une force nouvelle, il revient à la vie et à la création après une épreuve de vérité qui le mène à la réconciliation avec lui même et sa femme puis avec ceux qui l’entourent.

Au sujet de la création, on observe une scène particulièrement intéressante :  celle où Guido s’entretient avec Daumier qui dit " Mieux vaut détruire si on ne crée pas l’essentiel "pour le réconforter mais l’effet sur Guido est contraire : il se sent perdu. Le producteur dit également : " Un artiste devrait avoir la loyauté de se plier au silence ". Il fait aussi quelques allusions à des écrivains qui ont parlé du thème de la création en littérature : Mallarmé, qui fit l’éloge de la page blanche ainsi que Rimbaud, poète qui déclara que sa vraie poésie fut son renoncement à écrire. Daumier confirme cela en disant : " Seul le néant est la perfection ! ".

3.Succès de Fellini à travers les échecs de Guido


A quoi bon inventer des problèmes inédits, quand ce sont encore les nôtres, ceux d’aujourd’hui qui se posent d’abord. C’est sans doute pour cette raison que Fellini nous fait ressentir l’angoisse devant l’impuissance créatrice éprouvée par tous les créateurs. On peut constater que Fellini et Guido éprouvent la même angoisse. Voici ce que dit Fellini en 1953 : " Je manque totalement de sens professionnel et devant une histoire qui ne me plaît pas si je ne savais vraiment par quel bout commencer, je ne sortirais pas de mon lit. " Les incertitudes d 'un créateur aux prises avec sa création, la multitude des procédés littéraires et scéniques constituent une véritable difficulté et un obstacle à la fois puisque ce sujet a été traité par de nombreux artistes :  Baudelaire (par ex. dans un poème des Fleurs du Mal/Le Goût du Néant exprime son angoisse de ne plus pouvoir créer : ainsi il dit " Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte/L’Espoir dont l’éperon attisait ton ardeur, Ne veut plus t’enfourcher ! Couche-toi sans pudeur, Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte " , Rimbaud et plus tard Stardust Memories (1980) de Woody Allen qui rappelle clairement Huit et demi et tant d’autres. Daumier est le censeur impitoyable du projet de Guido mais aussi de Fellini, il dit à la fin du film lorsque Guido ne trouve pas une nouvelle voie originale : " Voici la preuve la plus désolante que le cinéma a 50 ans de retard sur les autres arts ". Sous cette légère caricature, on sent Fellini conscient du péril qu’il court. De tous temps, les artistes ont été tentés de s’interroger sur leur art. Certains critiques ont dit " Tout ce qu’on peut dire contre le film est déjà dans le film ". Même si Guido et Federico ont énormément de points en commun il y a pourtant une chose qui les différencie ; Fellini avoue ses désirs cachés, ses angoisses et fantasmes par son personnage, il est un " sincère menteur ". Il me semble que son film est né de cette confession cachée, c’est une sorte de thérapie pour Fellini et pour Guido " une suite des efforts sans succès de lire sa propre vie, de l’interpréter et de l’écrire "(Charles Affron). Peut-on parler de sublimation ? Il me semble que oui, car c’est l’une des preuves que Fellini est un vrai créateur qui a voulu se remettre en question indirectement par l’intermédiaire de Guido. On sait qu’au début Fellini a voulu faire une comédie de Huit et demi mais le film n’est pas uniquement comique à cause de la sincérité de l’auteur qui donne à Guido une partie de soi.

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Conclusion

On sent que Fellini connaît la même angoisse que Baudelaire c’est-à-dire l’impuissance face à l’acte de création (cf. le poème LXXVIII Spleen -Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme, L’Espoir/Vaincue, pleure, et l ‘Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.)

La création permet à l’artiste d’imposer sa vision du monde subjective aux spectateurs. L’oeuvre n’est-elle pas la réflexion d’un microcosme personnel de l’artiste qui devient aussi celui des spectateurs : à la fin du film nous avons l’impression de faire partie de la ronde et la ronde nous entraîne à rejoindre les autres personnages du film, nous éprouvons la même satisfaction, la même joie que Guido lorsqu’enfin il retrouve son inspiration.

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Mise à jour le 06-02-2004

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