Johnnie To : The Sparrow

Conférence de presse à propos du film de Johnnie To, The Sparrow
Berlinale 2008
Avec Johnnie To, Simon Yam et Kelly Lin
Conférence tenue en chinois en présence de trois traducteurs
Questions posées par les différents journalistes présents

 
   


Propos recueillis par Anaïs Jurkiewicz-Renevier
26-02-2008  
 
   

Question à Johnnie To : Avez-vous de mauvaises expériences avec des moineaux ? Combien de temps a duré le tournage ?

J. T. : Non, je n'ai pas eu de mauvaise expérience avec des moineaux. Ca m'a pris trois ans de faire le film, mais je n'ai pas eu l'impression que ça a duré longtemps. Le film n'a pas été difficile à tourner. J'ai souhaité le tourner à Hong Kong, dans des lieux qui seront bientôt démolis. Ce film est différent de ceux que j'ai fait avant. Je voulais capturer le charme et l'atmosphère de Hong Kong.

Question à Johnnie To : Pourquoi le tournage a-t-il été aussi long ?

J. T. : Je voulais vraiment filmer l'atmosphère de Hong Kong, et jusqu'ici aucun film ne rendait cette atmosphère comme je le souhaitais. J'ai mis au point final au tournage à cause des investisseurs qui s'impatientaient.

Question à Johnnie To : Il y a plusieurs films asiatiques en compétition cette année à Berlin. Que pensez-vous de l'intérêt porté ces dernières années aux films chinois et asiatiques ?

J. T. : Je n'ai pas de commentaire à émettre. Je suis heureux d'être ici, c'est un honneur, je suis heureux de voir que les films asiatiques sont bien considérés.

Question à Johnnie To : J'ai apprécié la scène des parapluies. Avez-vous été influencé par d'autres films ?

J. T. : Non, il n'y a aucune influence

Question à Johnnie To : Les personnages de votre film fument beaucoup. Fume-t-on beaucoup à Hong Kong ?

J. T. :  : On fume autant de cigarette à Hong Kong qu'en Europe.

Question à Johnnie To et Simon Yam : Vous avez déjà travaillé ensemble. Johnnie To, qu'est ce qui vous intéresse chez Simon Yam ? Simon Yam, comment décrivez-vous sa manière de faire des films ?

J. T. : j'aime beaucoup travailler avec Simon Yam, parce que je suis le genre de réalisateur qui n'aime pas trop communiquer, je préfère utiliser des acteurs qui me connaissent. Je fais confiance à Simon Yam.

S. Y. : Johnnie To est un mentor pour moi, il me donne des défis à relever et une grande matière à réflexion. Il y toujours quelque chose à apprendre avec lui

Question à Johnnie To : Pourquoi avez-vous proposé « The Sparrow », film divertissant, à la Berlinale où sont normalement présentés des films plus artistiques ?

J. T. : Ca fait 20 ans que je fais des films, et je ne connais pas la différence entre films commerciaux et films d'art et essais.

Question à Johnnie To : Pourquoi avez-vous choisi cette histoire pour nous donner une image de la ville ?

J. T. : Je tenais d'abord à apporter une précision, quant à la signification du titre. En chinois, man jeuk signifie « moineau », c'est un oiseau utilisé à Hong Kong par les voyants et les diseurs de bonne aventure. Il apporte des messages. En outre, c'est un mot d'argot qui signifie « pickpocket ». La profession de pickpocket est en train de mourir, on entre dans une nouvelle ère.

Question à tous : Pourquoi les films hong-kongais ont perdu de leur résonance depuis quelques années ? Est-ce pour des raisons économiques, ou politiques ? Les films hong-kongais et ceux de la Chine continentale connaissent-ils la même promotion ?

J. T. : Aujourd'hui, les films hong-kongais sont des histoires entre la Chine et Hong Kong, ce qui est le cas de l'histoire et des acteurs. On entre petit à petit dans le sillon du cinéma chinois.

S. Y. : Les cinéastes chinois viennent de différentes régions. Le cinéma hong-kongais commence à faire partie du cinéma chinois et j'espère qu'il gardera son authenticité, qu'il continuera à montrer ce qu'il y a d'unique à Hong-Kong. En plus, les rues dans lesquelles « The Sparrow » a été filmé vont peut-être bientôt disparaître, nous avons effectué un travail de souvenir.

K. L. : Je viens de Taïwan. Pour moi, les films sont universels, peu importe qu'ils soient hong-kongais, chinois, taïwanais…

Question à Kelly Lin :  : Pourquoi passez-vous dans le film tout votre temps à courir à travers la ville ?

K. L. : Comme l'a dit Johnnie To, je représente un oiseau qui cherche sa liberté. Courir est un moyen de la chercher.

S. Y. : L'idée du film, c'est aussi de se courir après, de se capturer en capturant ainsi le charme de la ville.

J. T. : Je tenais à préciser les choses. Pour moi, Hong Kong représente depuis toujours un endroit de transit, elle l'était déjà pendant la seconde guerre mondiale. Le personnage féminin utilise Hong Kong comme une plateforme.

Question à tous : Qu'allez-vous devenir ? Allez-vous céder à l'appel d'Hollywood ? N'avez-vous pas peur de perdre votre liberté ?

J. T. : je n'ai pas envie d'aller à Hollywood pour l'instant car mon anglais n'est pas très bon. Je débuterai probablement mon prochain tournage en mai. Ce sera peut-être un film tourné en langue anglaise.

S. Y. : J'aime travailler avec de grands réalisateurs, et j'espère travailler encore avec Johnnie To.

K. L. : Je n'ai pas spécialement envie d'aller à Hollywood, mais tout dépend de ce qu'on me propose. Je veux continuer à travailler avec Johnnie To, je le lui dois.

Question à Johnnie To : Le film est tourné à Hong Kong, le personnage féminin est chinois mais interprète par Kelly Jin qui est taïwanaise. Pensez-vous que ces trois territoires puissent se rejoindre ? Pourquoi n'avez-vous pas choisi une actrice chinoise ?

J. T. : Ces trois régions ont un potentiel, j'espère qu'elles se rejoindront. Mais nous devons actuellement faire face au problème de la censure en Chine. Nous sommes dans l'attente que l'on puisse enfin faire des films sans censure en Chine, alors le caractère artistique des trois territoires explosera.

J'ai choisi Kelly Jin car elle parle mandarin.

 
         
 


Mise à jour le 13-11-2008

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