Inland Empire, de David Lynch

Conférence de presse à New York en novembre 2006.

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
01-11-2006  
 
   

- Pourquoi avoir tourné votre nouveau film en DV ?
David Lynch :
J'avais commencé a tourner en digital pour mon site web et puis j'ai continué. Je suis tombé amoureux du "look" digital.

- Et la pellicule ?
D.L. :
C'est fini tout ça, je ne ferai plus jamais de film en pellicule. Le film, ça se salit, ça casse, ça se raye, la couleur tourne, l'équipement est incroyablement peu pratique, alors non. Le digital c'est l'avenir.

- D'où vient l'idée de ce film ?
D.L. :
La nature de l'histoire s'est développée à partir d'une scène que j'ai tournée avec Laura [Dern], l'écriture s'est faite au fur et à mesure du tournage. D'habitude c'est l'inverse. Je crois fortement à une histoire qui peut devenir très abstraite, évoluer dans un sens ou dans l'autre.

- Comment se situe le récit de Inland Empire par rapport à vos deux précédents films ?
D.L. :
Je ne vais pas tout expliquer non plus. Ecoutez : le cinéma, c'est magique. J'adore Los Angeles et tout le truc hollywoodien, l'âge d'or, vous voyez.. Mulholland Drive et Inland Empire tiennent de ça. Sinon, on peut ajouter à cela le fait que j'aime les brunes (même si j'aime bien Laura Dern).

- Vous n'êtes pas très cinéphile, alors quelles sont vos influences ?
D.L. :
J'aime les idées. C'est ça qui me stimule. Les idées m'apparaissent comme des scènes condensées. Le but est pour moi de parvenir à traduire ces idées au cinéma.

- Ces idées vous viennent-elles pendant que vous méditez ?
D.L. :
Je médite deux fois par jour depuis 33 ans. C'est comme un océan de conscience pure.

- On entend souvent que vos films sont "surréalistes".
D.L. :
Je ne suis pas familier avec les films de Luis Bunuel, malheureusement. Mais enfin, le surréalisme c'est une chose, ce n'est pas un groupe ou une secte !

- Parlez-nous de la production du film.
D.L. :
Studio Canal a produit mes trois précédents films. J'ai rencontré mon producteur quand j'ai pensé réaliser Inland Empire et je lui ai dit "je n'ai aucune idée de ce que je suis en train de faire et en plus, je tourne en DV". Il a dit d'accord.

- Avez-vous un distributeur ?
D.L. :
Pour l'instant… non. [note : entre temps David Lynch a décidé de distribuer lui-même le film].

- Laura Dern, comment avez vous été recrutée sur le film ?
Laura Dern :
David et moi avons commencé par travailler un monologue d'une quinzaine de pages, qui est la matrice du film. C'était pour faire une expérience mais on retrouve ce monologue dans le film.

- Comment monte-t-on un film aussi épars ?
D.L. :
Le montage a été une lutte, mais scène par scène j'ai vu l'ensemble prendre forme sous mes yeux.

- D'où vient l'idée de ces personnages de Polonais dans le film ?
D.L. :
La "connexion polonaise" vient d'un festival de directeurs de la photo où je me suis rendu en Pologne. Je suis devenu ami avec les organisateurs et j'ai tourné quelques scènes là-bas - qui sont incluses dans le film.

 
         
 


Mise à jour le 13-11-2008

Pedro Costa - Dans la chambre de Vanda

Laurent Cantet : Entre les murs

Ari Folman : Valse avec Bachir

William Klein : Regards sur mai 1968

Joseph Morder : J'aimerais partager le printemps avec quelqu'un

 
   

> Sommaire des rencontres
> Version imprimable