Mission : Impossible 3

Conférence de presse du 26 Avril 2006 au Ritz, avec le réalisateur, J.J. Abrams, l'actrice principale Michelle Monaghan et la productrice, Paula Wagner.

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
04-05-2006  
 
   


Paula Wagner, J.J.Abrams, Michelle Monaghan.

Le choix d'un réalisateur de séries télé (J.J. Abrams est l'auteur de Lost et Alias) pour réaliser Mission Impossible 3 n'est pas innocent.
Paula Wagner : C'est le moins qu'on puisse dire. Tom Cruise cherchait un réalisateur et il a visionné toute la série Alias en deux jours : il a été impressionné par les qualités filmiques de cette série et par le scénario qui vous prend et ne vous lâche plus. Il voulait absolument que ce soit J.J.Abrams qui réalise le troisième volet de Mission : Impossible.
J.J.Abrams : Bientôt, Tom jouera dans Lost mais il ne le sait pas encore. Non en fait c'est moi qui fantasme, là.

Cette idée d'entremêler les scènes d'action et la vie de famille dans le scénario est-elle la vôtre ?
J.J.A. : D'abord, j'ai eu un choc quand Tom Cruise m'a demandé de réaliser ce film. Mais j'étais aussi inspiré, car le Mission : Impossible dont je rêvais n'avait pas encore été fait. Je me demandais ce que faisait cet agent secret une fois rentré à la maison, comment était sa femme, comment il faisait pour avoir une vie de couple en vivant dans le mensonge.

Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui dans le statut des séries télé ?
J.J.A. : L'immense succès de ces séries (et, j'espère, leur qualité) offre aux scénaristes et aux réalisateurs la possibilité de traiter des histoires moins traditionnelles, et notamment de le faire au cinéma. Le problème, avec les séries, c'est qu'elles finissent pas s'asphyxier, et une lassitude s'ensuit. Ce succès est une chance et je suis le premier à en profiter.

Quel est le lien qui unit ces trois films ? En quoi M :I 3 est-il l'héritier des deux autres ?
P.W. : Il y a des références visuelles communes mais chacun des films peut se voir de façon indépendante, puisqu'ils évoquent chacun la vision d'un cinéaste différent. Le dernier film de la série est une vision de Mission : Impossible par J.J Abrams.
J.J.A. : Oui, ces films sont à la fois des films personnels et des films d'action, ce n'est pas contradictoire. J'avais certaines questions par rapport aux deux premiers volets. En tant que spectateur, j'avais envie d'en savoir davantage sur ce personnage en dehors de ses missions, il s'agissait d'aborder une perspective nouvelle : la vie de famille. Je voulais aussi insister sur le travail d'équipe, qui me paraît une dimension stimulante de ce genre de films. Ces deux aspects apparaissent très superficiellement dans les deux précédents films.

Le film d'action est-il en fait une métaphore pour aborder les thèmes du couple et de la confiance ?
J.J.A. : Nous avons là un agent secret qui refoule totalement sa culpabilité. Il est facile de s'identifier à lui puisque la question est de savoir comment il est possible de vivre « malhonnêtement » avec quelqu'un. Il pense qu'être amoureux suffit. Mais, comme on le verra, la fin du film est une sorte de happy end ambigu.

Quelle a été la scène la plus difficile à écrire et à réaliser ?
J.J.A. : Tout le film , j'imagine. Il y a deux difficultés distinctes entre les scènes d'action et les scènes d'intimité. Les longues séquences d'action sont évidemment périlleuses et techniques à réaliser mais elles sont plus évidentes pour moi. La question de la croyance est en fait centrale pour les scènes intimes, bien plus que pour les scènes d'action. Ce qui me pose problème, c'est véritablement de générer de l'émotion : pendant les dialogues amoureux, je me demande sans cesse si l'on y croit, si ça marche.

Vous avez conservé la musique originale de la série, mais on l'entend peu.
J.J.A. : Oui, c'était obligatoire ! Le problème, c'est que tous les techniciens du tournage avaient choisi le thème de Mission : Impossible comme sonnerie de portable. Au bout de quelques jours je ne pouvais plus supporter cette musique. Du coup, on ne l'entend que deux  fois : pour le générique et à la fin de la séquence du Vatican, où il y a un réel sentiment de victoire.

Tom Cruise est-il obsédé par les cascades ?
J.J.A. : C'est vrai qu'on ne peut plus l'arrêter quand il commence. Il tient à tout faire lui-même, il n'est jamais doublé dans le film, pour lui il s'agit vraiment d'une performance technique. Il y a de quoi s'inquiéter, j'aurais eu l'air malin s'il s'était tué à cause de moi. Moi, je ne ferais jamais tout ça, même si l'on me payait.

Vous avez également fait appel aux techniciens qui travaillent habituellement avec vous sur le tournage des séries Alias et Lost.
J.J.A. : C'était important pour moi de travailler avec une équipe que je connais car le tournage de M:I 3 a été très rapide et intense.

Etes-vous misogyne ? Vous aimez bien torturer vos personnages féminins.
J.J.A. : Non, il me semble que la torture est équilibrée ! Ces femmes ne sont pas des objets ni des victimes, ce sont de vrais personnages. Il est vrai que j'ai un goût particulier pour les situations extrêmes. Ainsi, M:I 3 commence sans préambule, par une scène violente, dans laquelle le méchant menace d'exécuter la femme du héros. On est tout de suite dans le bain. Cette scène montre d'emblée le héros comme vulnérable.

La question people : Michelle Monaghan, dans le film, vous jouez la femme de Tom Cruise, comment était-ce ?
Michelle Monaghan : Je recommande à tout le monde d'embrasser Tom Cruise. Sa fiancée était souvent sur le plateau et je comprends pourquoi.

Y aura-t-il un Mission Impossible 4 ou Tom Cruise va-t-il, comme le personnage du film, se consacrer à sa famille ?
J.J.A. : Je me reconnais dans ce dilemme, mais il faudrait demander à T.Cruise...

 
         
 


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