Bridget Jone: L'âge de raison

Extrait de la conférence de presse donnée à Paris le 3 novembre 2004, à l'occasion de la sortie du film.
Avec :
Beeban Kidron, réalisatrice
Helen Fielding, auteur du livre et co-scénariste du film
Renee Zellweger, Hugh Grant

 
   


Propos recueillis par Marina Klimoff
15-12-2004  
 
   

Quelles ont été vos impressions à l’annonce du projet ?

Beeban Kidron : J’ai d’abord été très excitée ; c’est bien normalpour un projet comme BJ. J’étais très nerveuse car après le succès du premier volet Le Journal de Bridget Jones, Bridget a pris beaucoup de place dans la vie des spectateurs, le public l’adore. Mon principal souci était de pouvoir conserver cet amour.

Helen Fielding : Au tout début, je ne pensais pas que le public lirait mon livre. Je trouvais ça surréaliste de faire un premier film, horrifiant, mais alors un deuxième, vous pensez bien ! J’arrivais sur le tournage assez anxieuse, en me disant : « Mais qu’est ce qu’ils vont bien pouvoir faire de mon bébé ! »

Qu’est-ce que cela fait, de réécrire ses personnages ?

Helen Fielding : Avant, j’écrivais des chroniques, je mettais environ 3 h à en écrire une. Après, je suis passée aux livres puis aux scénarii de films. Le mode de travail est différent, le métier est même complètement différent. C’est un travail d’équipe.

Cela me fait tout drôle de voir des visages sur mes personnages. Par exemple, je me rends compte que mon personnage de Mark Darcy (Collin Firth) est presque parfait. Je me suis inspiré du personnage qu’il jouait déjà dans la série anglaise que j’ai scénarisée, Pride and Prejudice.

Comment s’est passée la préparation physique de Renée Zellweger ?

Renée Zellweger : Il fallait que je fasse attention à ce côté enfantin qu’elle a, faire attention à la façon dont elle monte les escaliers, dont elle marche, par exemple. Il fallait que le public s’attache encore plus à elle, l’aime encore plus. Elle a une certaine innocence, une naïveté, mais je devais rester dans l’honnêteté. J’ai abordé le travail de façon très objective.

Beeban Kidron : Renée avait déjà fait un énorme travail physique sur le premier volet, alors on est parti de ces bases-là déjà acquises, qu’on a ensuite améliorées, travaillées, pour bien montrer l’évolution du personnage. Cela n’a été possible que grâce à la confiance que Renée m’a accordée, et à la confiance qu’elle a en Bridget ! Il y a beaucoup de petits détails qui font qu’elle est Bridget. Tout le comique du film a été amélioré, approfondi.

Elle a la capacité de se projeter. Le problème, c’est qu’on se casse tous un jour la figure en voulant être plus que ce que l’on est. Elle est forte et se relève toujours. Bridget est un très beau personnage, physiquement et moralement. Il y a un sondage en Angleterre qui a été fait sur la femme la plus sexy, et la majorité a répondu Bridget Jones !

Helen Fielding : Il y a toujours eu un très grand écart entre ce que les gens veulent être et ce qu’ils sont. Tout est dans la tête. Bridget en est le meilleur exemple. Dès qu’elle est confiante et met la volonté qu’il faut, elle réussit. Au sujet de son physique, à aucun moment dans mes livres je n’ai fait apparaître sa taille ou son poids. Elle n’a pas le look d’une star. Elle n’est pas parfaite. Je voulais me rapprocher le plus de la réalité. Bridget est d’une très grande bonté, honnêteté et générosité.

On remarque beaucoup de références à Madonna, quels sont vos titres préférés ?

Hugh Grant : je ne connais aucune chanson de Madonna…

Helen Fielding : Peut être Like a virgin mais j’aime toutes ses chansons !

Renée Zellweger : J’ai grandi avec Madonna ! Je connais toutes ses chansons, mais je n’en ai pas de préférée.

Les personnages de Mark Darcy (Collin Firth) et de Daniel Cleaver (Hugh Grant)seraient-ils la somme de l’homme parfait ?

Hugh Grant : Je ne sais pas mais la combinaison est rentable dans tous les cas ! Il y a des femmes qui fantasment, c’est sûr, d’ailleurs, je fais sûrement parti des vôtres…. !

En quoi Bridget Jones est-elle représentative des filles d’aujourd’hui ?

Hugh Grant : J’habite à l’ouest de Londres, et je peux vous dire que toutes le filles sont comme ça ! Elles ont des problèmes de poids et sont névrosées ! Il y a et y aura toujours ce problème entre ce qu’elles sont supposées être et ce qu’elles sont réellement. Mais un peu de coke et un verre de Chardonnay et ça repart !

L’image de la femme célibataire comme Bridget Jones a-t-elle évolué ?

Helen Fielding : Je dirais que les femmes sont « célibattantes », j’adore cette expression. A l’époque de l’écriture des personnages, ce n’était pas la réalité, ça a juste fait partie d’un courant de pensée.

Hugh, encore un rôle antipathique, à quand du changement ?

Hugh Grant : Vous voulez que je vous dise mon plus grand rêve ? Tuer quelqu’un avec un couteau. Je suis pour la violence !!

 
         
 


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