"Love Actually", conférence de presse

Propos recueillis par Clémentine Gallot, en novembre 2003, au Ritz, Paris.

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
03-12-2003  
 
   


Richard Curtis Hugh Grant Laura Linney

Dans Love actually, vous jouez le premier ministre de Grande-Bretagne: quels sont, selon vous, les avantages et les inconvénients de ce métier?
Hugh Grant:
Si j’étais premier ministre, je ne pourrais pas supporter une telle responsabilité. De plus, il me faudrait porter de l’intérêt aux autres, et je suis bien trop imbu de moi-même pour ça. J’imagine aussi que j’abuserais du pouvoir qui me serait donné: Caligula est la figure parfaite du pouvoir selon moi.

En quoi le film diffère-t-il des autres comédies ?
Richard Curtis:
Cette comédie est totalement différente des autres ! Il y a là neuf vraies histoires d’amour (n’est-ce pas novateur?!).
Alan Rickman:
Celle-là est drôle..
Martine McCutcheon:
Contrairement aux films 100% romantiques, il y a une réelle profondeur, une vraie tristesse.
Richard Curtis: Dans mon prochain film tu auras un rôle minuscule si ça continue..
Hugh Grant: Le film n’est pas du tout différent. Richard et moi avons fait cinq films semblables. Ce qui est intéressant, c’est l’aspect très britannique du film: l’idée qu’il puisse y avoir des love stories à l’anglaise fait sourire. Ce n’est pas comme vous les français, qui êtes si romantiques par nature. Les priorités pour nous anglais sont: les chiens, la bière, jouer au golf et gagner de l’argent.

 
Alan Rickman Hugh Grant Hugh Grant

On a souvent l’impression que le cinéma européen est un peu "complexé" face au cinéma américain.
Richard Curtis:
Je n’ai pas le sentiment que le cinéma européen ait jamais eu à regarder le cinéma américain comme un grand frère. Les meilleurs films parlent de ce qu’on connaît, c’est simple. En Europe, dans les gens qui m’intéressent, il y a le réalisateur suédois Lukas Modysson, par exemple.

Expliquez nous ces deux scènes d’ouverture et de fin.
Richard Curtis:
Il m’est arrivé d’attendre des heures à l’arrivée d’un aéroport. J’ai observé les gens, j’ai été très ému. C’est tout.

Hugh Grant, êtes-vous conscient qu’à force de jouer toujours le même rôle d’homme à marier, on vous surnomme le Seigneur de l’Anneau?
Hugh Grant:
Effectivement, j’ai peut-être fait un peu trop de films romantiques. Malgré tout, j'ai besoin de trouver de l’humour dans un scénario, sinon, je ne suis pas un acteur très intéressant.

Georges W. Bush et Tony Blair ont-ils vu le film?
Hugh Grant:
Bien sûr, et d’ailleurs la Reine a organisé à cette occasion une petite sauterie: télé et pizza pour tout le monde.
Richard Curtis: Tony Blair a vu Notting hill. Il m’a dit qu’il avait aimé le film mais qu’il était un peu déçu que les personnages n’aient pas de vrai métier. Je lui ai obéi!

 
Laura Linney Bill Nighy


Quelle est votre définition du romantisme anglais?
Alan Rickman:
Ne pas garder ses chaussettes en faisant l’amour.
Bill Nighy: Je suis loin d’être un expert en la matière (ça fait si longtemps…!). On dit toujours que les anglais ont quelque chose de "spécial", j’imagine que cela tient à une certaine gêne à parler d’amour et de sexualité: ils n’en parlent pas, on se demande même comment ils arrivent à faire des enfants.

L’amour est-il pour vous source de bonheur ou de problèmes?
Hugh Grant:
De problèmes. Je ne suis pas expert non plus à vrai dire. Je pense que quand on aime quelqu’un, ce doit être de manière inconditionnelle, un peu comme l’amour que se portent Blair et Bush.

Que pensez-vous de la distribution du film?
Hugh Grant:
Colin Firth n’est vraiment pas au mieux de sa forme.

Bill Nighy qu’est-ce qui vous a décidé à jouer dans ce film?
Bill Nighy:
Tout d’abord j’aime bien l’idée de jouer un pépé sur le retour (vous remarquerez mes chaussures pointues de rockeur) . Ensuite on m’a fait proférer des grossièretés à tout bout de champ. Puis j’ai du faire une performance "live" sur scène: j’étais alors entouré de jolies filles habillées en mère Noël (assez peu couvertes, il est vrai). A mon âge, on ne peut pas se permettre de refuser une chose pareille.

 
         
 


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