It's all about love

Conférence de presse du 10 février 2003, avec Thomas Vinterberg et son scénariste Mogens Rukov.

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot et Mia Hansen-Love
02-07-2003  
 
   

Que pensez-vous de votre film aujourd’hui ?

Thomas Vinterberg : Je crois que c’est un film naïf, fragile. Il a été difficile à faire car au bout d’un moment nous avons compris qu’on ne réaliserait pas un chef d’œuvre. Contrairement à la vision que donne peut-être le film, j’ai une vision très optimiste de l’avenir. On avait écrit une autre fin, plus joyeuse, où l’avion de Sean Penn atterrissait à côté de J.Phoenix et C.Danes, et les sauvait. On dirait qu’on plaisante dans ce film, mais en fait non. It’s all about love est comme un long voyage qui finit mal.

Qu’y a t-il de nouveau ?

T.V : On a essayé d’échapper à l’emprise de Festen ,ce qui n’est pas évident. On voulait éviter de répéter les règles du Dogme, mais se tenir tout de même à des règles. On a finalement inversé la règle du Dogme : on a utilisé beaucoup de musique, de maquillage..

Pourquoi avoir choisi des acteurs hollywoodiens ?

T.V : C’est un film sur la vie moderne, et sur la frontière. Il nous a semblé que New York était la ville idéale pour déchaîner l’imagination. Mais à la fin on n’avait plus d’argent alors on a tourné chez nous. Quant aux acteurs, c’est un tout, ils vont avec le reste : et bien sûr, je les aime beaucoup sinon je ne les aurais pas choisis !

De quelle nature sont les relations entre les protagonistes ?

T.V : On entre sur le terrain de la psychologie. Dans le film, les gens cherchent, ne trouvent pas de valeurs auxquelles se rattacher. Je pense qu’il y aura de cela dans vingt ans, bien que cela soit déjà en germe aujourd’hui : le fait de se cacher, de trouver refuge et sécurité dans la confiance d’une autre personne. Le cycle qui se crée équivaut à : rencontre-mariage-divorce-rencontre etc.. Il semble important que les gens ne sachent rien sur vous. On va sans doute s’y habituer…

N’y a t-il pas trop de symboles ?

T.V : Vous voulez dire que le film n’est pas assez simple ? L’amour est un mystère insoluble, moi-même j’ai du mal à en parler, même après avoir fait un film sur ce sujet ! Ceci dit, le film semble produire son effet sur le public : les gens me disent qu’il continue de les hanter après coup. Je pense qu’il faut le considérer comme un rêve.

Le film se passe dans vingt ans, pourtant il n’est pas très futuriste.

T.V : Oui, plastiquement parlant ce n’est pas extraordinaire, ou très surprenant. Nous ne sommes pas très intéressés par les voitures volantes ou le lait bleu. Il me semble que c’est bien plus effrayant de montrer un monde futuriste très semblable au nôtre, à quelques différences près. Nous avons essayé de donner à l’homme moderne un caractère emphatique. J’ai été tenté par les films des années soixante dix, que je trouve très " organiques ". C’est aussi un mot clé pour ce film : vous voyez toute cette neige, cette glace qui recouvre le monde dans l’avenir..

Est-ce un film romantique ?

T.V et M.R : Certainement ! Nous avons exploré à fond le cliché romantique, avec cette fin mélodramatique. Mais le monde est aussi un cliché parfois. Je ne peux pas m’exprimer à propos de l’amour, mais il y a beaucoup de tendresse dans le film, ce qu’on nomme en anglais " caring ". Il ne s’agit pas d’un amour psychologique, mais existentiel ! En effet, ces personnages sont ensemble parce que c’est comme ça ! Il n’y a pas plus d’explication.

 
         
 


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