Confessions of a dangerous mind

Conférence de presse avec George Clooney et Sam Rockwell(Février 2003)

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
03-07-2003  
 
   

Pourquoi représentez-vous Berlin de la sorte ?

G.C : J’ai montré Berlin pendant la Guerre Froide. Attention, il s’agit d’une interprétation des américains à ce moment là, donc d’un stéréotype. On s’est amusés dans cette vision de Berlin qui englobe une image plus générale de l’Est, et qui comporte consciemment plein d’erreurs.

Pourquoi cet usage intempestif du mot " fuck " ?

G.C : C’est un mot que j’aime bien, je l’emploie moi-même trop souvent. Je m’excuse auprès de mes parents.

Que vous manquait-il en tant qu’acteur ?

G.C : Je n’ai jamais cherché à être réalisateur, je n’ai jamais non plus été insatisfait en jouant la comédie. Cela s’est produit, c’est tout. Et j’ai découvert qu’il est très dur de jouer dans ses propres films, de se diriger, car personne ne vous dit si vous êtes bon ou mauvais. On ne peut pas non plus apparaître dans trop de scènes sous peine d’être accusé de narcissisme.

Quelle est la différence finalement ?

G.C : Savez-vous que je me suis marié hier ? (ndr : il ment) Quand on est acteur, personne ne questionne votre intelligence, on s’intéresse à votre personne sensible. Quand on réalise, les gens vous demandent toujours ce que vous voulez dire, ce qu’il y a dans votre tête.

Comment avez-vous adapté ce livre ?

G.C : J’avais une responsabilité vis à vis de Chuck (personnage réel qui a inspiré le film ndlr), au respect de son livre, et une fidélité à avoir par rapport au scénario de Charlie Kaufman. Je me devais d’être " juste " envers Chuck, ne pas l’offenser dans certaines scènes. J’ai ajouté une esthétique qui n’était pas comprise dans le script : j’ai voulu rejoindre les films des années soixante, soixante-dix que j’aime : piquer des idées de réalisateurs que j’admire, Mike Nichols, Frankenheimer…

En quoi votre vie a t-elle sa part dans à ce film ?

G.C : Mon père, Nick Clooney animait un show télévisé quand j’avais neuf ans : j’ai donc grandi sur ces plateaux de télé. J’en ai gardé une vision : celle des décors qui montent, qui changent. Cet aspect très visuel et mental est transmis dans le film, car l’histoire de Chuck est celle d’une certaine folie.

Sam Rockwell, comment vous êtes-vous préparé à ce rôle ?

S.R : je me suis entraîné à me battre. Jouer un personnage réel équivaut à une sorte d’imitation, à laquelle vient s’ajouter le travail " normal " de l’acteur. Nous avons juste discuté du ton du film avec George, et Chuck est venu sur le plateau et m’a donné quelques indications sur son comportement (une scène de masturbation… je ne vous raconterai pas).

 
         
 


Mise à jour le 13-11-2008

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