Adaptation

Conférence de presse du 8 février à l’occasion de la sortie du film de Spike Jonze.
Avec Spike Jonze, Nicoles Cage, Charlie Kaufman

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
26-03-2003  
 
   


Nicolas Cage Spike Jonze

- Comment s’est passée l’écriture du scénario?

Charlie Kaufman: J’avais initialement été engagé pour adapter The Orchid Thief, j’allais le faire, mais j’ai un peu paniqué… et j’ai décidé d’écrire ce film. Heureusement, les studios ont bien réagi. Le script interroge la notion de genre, mais tente aussi d’approcher la vie des gens de manière très honnête.

Spike Jonze: Il n’y a pas de raison très profonde au film: simplement, cette histoire me touche, m’affecte et m’a fait réfléchir, c’est suffisant.

- Comment s’est passé le travail avec Meryl Street?

Nicolas Cage: Quand on pense à Meryl Street, on pense à The maestro (??). J’ai peu de scènes avec elles finalement, mais elle a un grand sens de l’humour, j’ai beaucoup aimé travailler avec elle.

- En quoi ce film était-il une expérience différente? N. C.: Bien sûr, cela a été très différent de mes précédents films. Je pense que cela m’a fait " grandir ", de jouer des frères jumeaux. C’est un peu comme de jouer de la batterie: il faut savoir faire plusieurs choses en même temps. Jouer Charlie, puis changer d’habits, entendre la réponse que je viens de donner, et jouer Donald. Etre capable de jouer Donald, tout en me souvenant de la manière dont j’ai joué Charlie. Cela crée de la confusion! Changer de personnage cinq ou six fois par jour sans perdre la tête… c’était amusant, mais vraiment difficile parfois: jouer Donald, qui flotte dans la vie, alors qu’il me reste un peu de Charlie en moi, par exemple. - Ces deux rôles ont-ils été spontanés ou travaillés? En quoi vous êtes-vous… adapté? N. C.: Je ne veux pas me plaindre, mais c’était très étrange, vous l’imaginez! J’ai énormément de respect pour l’écriture de Charlie, donc en termes de spontanéité, je n’ai pas vraiment osé improviser. - Est-ce la fin de la réalisation? Privilégie-t-on aujourd’hui le scénario? N. C.: Je ne crois pas, non: d’ailleurs, en tant qu’acteur, je suis là pour supporter la vision du réalisateur, pour mettre à l’écran ce que veut Spike. C. K.: Non, tout le monde collabore, chacun a son rôle, cela a toujours été comme ça. - Quelle est votre méthode de travail? N. C.: Je ne souscris à aucune méthode en particulier: j’ai lu beaucoup de livres sur différentes méthodes, et j’essaye de travailler par moi-même en général. Ce que j’ai compris de " l’école anglaise " c’est que la transformation interne survient après celle effectuée à l’extérieur (sur le comportement, les habits). Mais je ne peux pas réellement expliquer comment je travaille: il s’agit d’une réponse instinctive à la demande du cinéaste. - Spike Jonze et Charlie Kaufman: comment se passe votre collaboration? S. J.: Cela fait six ans qu’on se connaît, et lorsqu’on ne travaille pas ensemble on se téléphone. C. K.: Comme nous sommes amis, la communication est plus aisée. J’ai l’impression que nous avons les mêmes intentions, la même volonté, et même lorsque nous ne sommes pas d’accord, je lui fais confiance. Nos conversations ont un sens, pour moi en tout cas. Nous allons d’ailleurs continuer à travailler ensemble. - Comment est-ce de jouer un scénariste, qui plus, est, scénariste du film? N. C.: Vous voulez dire, jouer mon propre scénariste! Et bien j’avais rencontré Charlie quelquefois avant de faire le film, et lorsque j’ai eu le rôle, je me suis concentré sur sa personne. J’ai un peu copié ses intonations, son comportement: j’ai essayé de capter son " essence " si l’on peut dire cela ainsi. Là où cela devenait vraiment tordu, et difficile pour nous deux, c’était quand il venait sur le plateau et qu’il me voyait jouer lui, et que je le voyais me regardant le jouer. Je crois que l’on s’observait mutuellement. Je suis passé par une petite phase paranoïaque, où je croyais qu’il faisait chaque geste pour me déconcerter! Sa manière de tapoter le menu au restaurant, des choses idiotes. Je pensais qu’il faisait ça pour voir si j’allais l’inclure au personnage! S. J.: La première semaine de tournage fut difficile pour tout le monde… C. K: Je ne sais pas quoi dire, c’est trop bizarre. - Lequel des deux jumeaux préférez-vous? N. C.: La plupart du temps, les gens préfèrent Donald, et, étrangement, je suis jaloux! Je suppose que cela veut dire que je me sens d’avantage lié à Charlie. - Duquel êtes-vous le plus proche alors? N. C.: Mon caractère se rapproche certainement de Charlie. Mais je travaille à m’en sortir… - Vous êtes aussi timide que votre personnage, Charlie? N. C.: Effectivement vous êtes bien renseigné: je suis timide et ça me pose des problèmes! - Parlez-nous de cette drogue que l’on voit dans le film. S. J.: C’est une poudre verte, faite à partir de l’orchidée, elle coûte environ vingt dollars le sachet, mais je n’ai jamais essayé! - Le dernier festival de Berlin vous a mal accueilli, avec 8 mm, que pensez-vous de l’accueil cette année? N. C.: En ce moment je n’aimerais être nulle part ailleurs. - Avez-vous déjà songé à un film qui s’intitulerait Being Nicolas Cage? N. C.: Etre Nicolas Cage… une idée séduisante… Oui j’ai eu un jour une idée de scénario: moi, dans une voiture des années Soixante-dix, remplie d’argent, une poursuite… et c’est compliqué… mais cela se termine par une fusillade devant Abou-Simbel.!

 
         
 


Mise à jour le 13-11-2008

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