Chicago

Conférence de presse du 6 février 2003, avec Rob Marshall, Richard Gere, Catherine Zeta-Jones, Renée Zellwegger, John C. Reilly.

 
   


Propos recueillis par Clémentine Gallot
05-03-2003  
 
   

- Quelle est la particularité de la comédie musicale par rapport au drame?

Rob Marshall: On croit souvent que, étant des genres différents, les comédies musicales et les drames doivent être traités differemment. Or, le traitement est le même. Simplement, dans la comédie musicale, les chansons doivent découler de l’histoire, et celle-ci être intégrée aux parties musicales. Ces deux parties ne doivent pas être séparées: il y a des interruptions qui correspondent aux morceaux de musique, puis on revient à l’histoire. La cohésion de l’ensemble est décisive.

Catherine Zeta-Jones: Le tournage a été plus difficile pour moi car j’ai dû m’habituer aux différentes manières de travailler: pour les scènes en musique, et pour le scènes " normales ". Mais s’il me le demandait, je travaillerais encore avec Rob Marshall.

Renée Zellwegger: C’était fantastique, formidable, incroyable!


- Dans le film, il est beaucoup question de mensonges. Quels mensonges avez-vous racontés à vos débuts?

Renée Zellwegger: J’ai menti sur mon CV, en disant que j’avais pris des cours de théâtre, alors que je n’en avais pris qu’une journée. J’ai aussi dit que je savais faire du roller,

on m’a engagé pour en faire en bikini, et je me suis fait renverser par une voiture.


- Ce que vous faites à l’écran, pourriez-vous le refaire sur scène?

Rob Marshall: Effectivement, on m’a dit que le film ressemblait à un spectacle de Broadway. Il faudrait pour cela assembler les morceaux épars que nous avons tournés. Mais ce sont vraiment eux qui dansent et qui chantent, et ils ont travaillé très dur pour cela.


- Richard Gere, vous avez gagné le Golden Globe: savez-vous que cela a provoqué des multiples orgasmes?

Richard Gere: Les deux actrices qui sont ici sont très discrètes, mais elles ont effectivement un orgasme, j’en suis sûr! Ceci dit, je n’ai jamais entendu le mot " orgasme " associé à mon travail: il se peut que ce soit juste une fiction tirée de votre imagination. J’aime mon travail, et particulièrement le fait de travailler avec de belles et talentueuses actrices, comme j’en ai eu souvent l’occasion; c’est un vrai plaisir pour moi.


- John C. Reilly, vous êtes à l’affiche de trois films, The Hours, Gangs of New York et Chicago, comment envisagez-vous ces différentes expériences?

John C. Reilly: ces trois films sont des expériences uniques, et je pourrais parler de chacun d’eux pendant des heures. J’ai vécu le tournage de Chicago comme une communauté, d’acteurs, de danseurs et de chanteurs de Broadway et de New York. Rob a organisé ce film comme une pièce de théâtre: il est le haut de la pyramide.

Richard Gere: Et en plus il a amené toutes les pierres de la pyramide! Tout le talent et le génie de ce film viennent de lui.


- Richard Gere, comment pensez-vous affronter l’animosité et la jalousie des mâles allemands à votre encontre?

Richard Gere: Je reste dans ma chambre d’hôtel.


- Comment le film est-il relié au mot d’ordre du festival de Berlin, " vers la tolérance "?

Richard Gere: Et bien nous avons dû tolérer John C. Reilly sur le plateau, et je vous assure que ce n’est pas évident! Non, en fait, le film est hors compétition, ce qui, je suppose, signifie qu’il n’a pas de lien direct avec ce mot d’ordre. Bien sûr, on peut se forcer à trouver un lien, mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait.

Rob Marshall: Il y a peut-être l’idée de la tolérance dans toute comédie musicale: en sortant du film, tout le monde y a trouvé quelque chose de lui.


- Quelles furent les difficultés des rôles?

Richard Gere: Mon personnage est très détaché, blasé, ce qui est intéressant à jouer: il s’agit d’un personnage qui voit clairement, qui se connaît réellement, qui sait qu’il est gouverné par l’argent, c’est une sorte de prostituée. En un sens, cela le rend libre. Il y a aussi cette scène où on voit l’avocat tirer les ficelles du grand théâtre qu’est Chicago: il est un peu comme Dieu.

Renée Zellwegger: Le plus difficile pour moi était de chanter devant les autres, même si Rob était toujours dans un coin à m’encourager (ce qui m’a facilité la tâche).

 
         
 


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