Le couperet

Film français de Constantin Costa-Gavras
Adapté du Couperet de Donald Weslake

Avec José Garcia, Karine Viard, Olivier Gourmet





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 02-03-2005

Durée: 2h02

 

Un thriller drolatique et désespérant

La fin justifie-t-elle les moyens ? C'est le sujet sur lequel Maxime Davert, 17 ans,  doit plancher pour son bac blanc. Ca tombe à pic pour un ado qui vient de faire un casse. Il est vrai que la marchandise volée a été escamotée et l'affaire classée, merci papa (le père, Bruno Davert, c'est  José Garcia). Pourtant, cadre supérieur au chômage depuis trois ans, le chef de cette respectable famille a d'autres chats à fouetter: il s'est mis en tête de liquider tous les candidats potentiels à l'emploi qu'il a décidé d'obtenir quelque en soit le prix.

L'adaptation d'un roman de Westlake est loin d'aller de soi. Le dernier film du genre, inspiré par le maître du roman noir (Je suis un assassin, de Thomas Vincent), était plutôt poussif. Celui-ci, même si Costa-Gavras prend des libertés par rapport au roman, reste fidèle à l'esprit du romancier. L'humour cinglant de Westlake passe haut la main, les acteurs (José Garcia , mais aussi les seconds rôles) réussissant à conjuguer le registre réaliste et le côté brindezingue: on pleure en écoutant la plainte du type qui va se pendre mais on rit des modestes performances de José Garcia en tueur piteux. Quant à  Karin Viard, elle se renouvelle et montre l'étendue de son talent, ici en bourgeoise compatissante. Si on laisse de côté les petits sermons qui ponctuent le récit, on peut dire que l'ensemble est plutôt réussi:  le film est déroutant et sympathique. On apprécie surtout le défilé des rivaux de Bruno Davert -les hommes à abattre- plus attachants les uns que les autres, à tel point que l'on se demande tout au long du film qui est le plus aimable, du tueur ou de ses victimes. La mise en scène musclée de Costa-Gavras tient la route: qualité française oblige. Quant au «message» du film («inhumanité du capitalisme»), il est consensuel au delà de toute espérance.