Danny the Dog

Film français de Louis Leterrier
Scénario de Luc Besson

Avec Jet Li, Morgan Freeman, Bob Hoskins





Par Esther Castagné
 
Sortie le 02-02-2005

Durée: 1h43

 

Carnage

Peut-on dresser un homme comme on dresse un chien méchant? Le dresser à attaquer, à tuer? Et anéantir en lui tout sentiment humain? C'est ce que croit l'oncle Bart, maître et seule "famille" de Danny. Pourtant un jour, alors qu'ils se rendent chez un antiquaire, Danny rencontre Sam, un accordeur aveugle qui ne vit que pour la musique. Fasciné par les pianos, Danny en oublie d'obéir à son maître et commence à s'éveiller à la vie.

Par un "heureux" – mais toujours gore – concours de circonstances, il va pouvoir échapper à sa vie de chien, trouver refuge chez Sam qui vit avec sa belle fille Victoria et apprendre grâce à eux à devenir humain. Mais toujours le mal veille et les morts ressurgissent…
Ce film basé sur un scénario de Besson a pour presque seul intérêt la  performance d'acteur livrée par Jet Li, qui exprime avec une grande finesse et par un jeu subtil le désarroi que lui causent l'apprentissage de la vie civilisée et l'égarement dans lequel il est plongé du fait du ballottement continuel entre le Bien et le Mal qui se l'arrachent. Mais le scénario est grotesquement manichéen et les rebondissements catapultés deviennent lassants. Les flash-backs sont si peu subtils qu'ils suggèrent une inconséquence de scénario. Bob Hoskins surjoue et la violence gratuite, étalée avec délectation, écoeure et n'apporte rien à la vaine démonstration que constitue ce mauvais plaidoyer pour le repentir. Le réalisateur est inexistant, écrasé par le "Besson-style" (prononcez à l'américaine, please). La caméra est mode, un peu genre clip, mais se veut révolutionnaire et novatrice. D'ailleurs tout tend à prouver ici que les concepteurs de ce film sont définitivement à l'abri de la congestion cérébrale. Encore une fois la performance de Jet Li est louable même si elle ne nous dispense pas de l'hystérie psychopathe ambiante et ne suffit pas à sauver le film, pas plus que l'habituelle présence de Morgan Freeman ni que l'envoûtante musique de Massive Attack, réquisitionné pour composer la BO. Malheureusement, même en fermant les yeux, on ne peut apprécier la participation exceptionnelle de ce special guest pour cause de bruitages divers et irritants (coups de toutes sortes, cris, accidents, hurlements); cela dit Besson, toujours habile en affaires, a eu raison de faire appel à ces stars si différentes et à la vedette du Trip Hop dont la musique saura bien convaincre quelques hésitants d'aller assister au carnage.