Aviator
The Aviator

Film américain de Martin Scorsese

Avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett, Kate Beckinsale, John C. Reilly, Alan Alda, Alec Baldwin...





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 26-01-2005

Durée: 2h45

 

Un héros sans étoffe

Attachez vos ceintures. Nous allons traverser une période de turbulences.  Scorsese, depuis Gangs of New York, serait-il entré dans l'oeil du cyclone ? Son dernier film en tout cas, témoigne d'une météo perturbée.

Est-ce l'effet recherché ? On sort d'Aviator un peu barbouillé, comme après un repas de noces: trop de bulles, pas le temps de digérer. La mise en scène est  immodérée: profusion d'effets, incontinence sonore, empilements narratifs,  ballet incessant de têtes d'affiches, déferlement de personnages secondaires… Il est vrai que le héros du film de Scorsese, Howard Hughes lui-même, ne fut pas précisément un parangon de sobriété. Milliardaire dispendieux, aviateur intrépide, producteur et réalisateur prodigue, consommateur de jolies femmes, Howard Hughes n'économisait pas ses talents. Incapable de lever le pied, il explosait   tout sur son passage, les avions, les budgets, les femmes. En bout de course, il  enchaînera les plans suicidaires, puis s'enfoncera  dans la  psychose. A cet égard, le film donne une idée exacte de son  tempérament survolté.  Mais le personnage imaginé par le cinéaste reste, malgré le travail  irréprochable de DiCaprio, dénué de toute étoffe, de tout charisme. 
Epousant la frénésie  et la démesure de son héros, la mise en scène étourdit  sans émouvoir, et les épisodes dramatiques, faute de toute intrigue signifiante, laissent  de glace. Leonardo n' est pas servi par ses partenaires, les  acteurs  sont factices et mal dirigés; Katherine Hepburn, interprétée par Cate Blanchett, tourne à la harpie !

En bref, 2 h 45 de morceaux de bravoures, de  plongeons, de piqués, de loopings et de crashs, c'est usant, même pour les inconditionnels de DiCaprio. Le film sera jugé brillant; il reste sans âme.