L'un reste, l'autre part

Film français de Claude Berri

Avec Daniel Auteuil, Charlotte Gainsbourg, Nathalie Baye, Pierre Arditi, Miou Miou





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 12-01-2005

Durée: 1h50

 

Ma vie sexuelle (comment je suis parti)

Seriez-vous prêt (e) s à tout pour sauver votre  mariage ? Si vous ne regardez pas la télévision  (Ca se discute) vous pouvez bénéficier d’une  session de rattrapage  accéléré en allant voir le dernier Claude Berri.

Comment quitter sa femme le coeur léger (point de vue masculin) ? Comment éviter de se faire jeter après 18 ans de mariage (point de vue de l'épouse) ? Daniel (Daniel Auteuil) brise son mariage,  Alain  (Pierre Arditi) y renonce. Deux histoires parallèles, deux films qui se chevauchent sans vraiment  fusionner. D’un côté une tragédie inspirée par la vie du cinéaste : alors qu’il vient d’apprendre que son fils a eu un accident gravissime, un homme  reçoit la visite de la femme idéale. Dans ce registre dramatique, Daniel Auteuil émeut, et  Charlotte Gainsbourg  est si  délicieuse  que le parti de spectateur est vite pris : Daniel  doit  quitter sa  précédente femme au plus tôt. Ce qu’il fait, d’ailleurs, avec la bénédiction de son fils mourant, mais compréhensif, et du spectateur pris en otage: «oui, nous t’approuvons, on ferait tous pareil». Le second  film est un vaudeville dépourvu de finesse mais non de vulgarité. Alain (Pierre Arditi), un    bourgeois épais, est  affligé d’une femme parfaite (Nathalie Baye), d’une belle-soeur acariâtre (Noémie Lvovsky), et d’une maîtresse affriolante. Il restera  avec son épouse - merci pour elle ! - mais  ne renoncera pas pour autant à ses frasques.

Tout cela ne mange pas de pain, mais on se demande quand même ce que Eric Gauthier (le chef-op) est venu faire dans cette galère. Quant à Noémie Lvovsky, il faudrait qu’elle arrête de camper les harpies,  son jeu est usé jusqu’à la corde. Le film est tonique, mais il souffre de la comparaison avec le dernier Woody Allen (jamais vulgaire) et du Desplechin (deux intrigues indépendantes, mais subtilement intriquées l’une à l’autre).