Coup de foudre à Bollywood
Bride and Prejudice

Film anglais de Gurinder Chadha

Avec Aishwarya Rai, Martin Henderson, Nadira Babbar, Anupam Kher





Par Marina Klimoff
 
Sortie le 20-12-2022

Durée: 1h52

 

Comme toute mère indienne, Mrs Bakshu est en quête de bons partis pour ses filles. L’aînée Jaya, se marie dans quelque temps avec le riche et beau Balraj. Lalita sait qu’elle est la prochaine, et n’acceptera en aucun cas un mariage arrangé. Le riche américain Darcy débarque dans la vie de cette belle et intelligente demoiselle…

Coup de foudre à Bollywood n’est qu’une énième adaptation du roman de Jane Austen Orgueil et Préjugés, mais à la sauce indienne. Et ce cinéma Bollywoodien (véritable industrie en Inde, plus 300 films y sont produits chaque année !) si particulier exige qu’on intègre ses quelques codes narratifs immuables pour l’apprécier pleinement. Tout d’abord ils racontent tous une histoire d’amour entre un héros sympathique et séduisant et une jolie fille. La famille joue un rôle central. Ils sont rythmés de temps forts mélodramatiques et émotionnels. Le film doit tendre vers un compromis entre valeurs indiennes modernes et traditionnelles. Le tout très coloré et mis en musique, chant et danse pour faire passer le message suivant : «l’amour triomphe de tous les obstacles»… Et le plus important, et le plus étonnant si on n'est pas prévenu : no sexe ! En effet, à Bollywood on ne s’embrasse pas, les censeurs et le public de le tolèreraient pas. Les numéros musicaux sont un substitut du contact sexuel, la danse est érotisée, et la caméra s’attarde volontiers sur les zones érogènes des actrices… Voilà donc quelques notions qu’il faut bien avoir en tête avant de s’aventurer dans un film comme celui-ci.

Gurinder Chadha a voulu marier les styles, en dépassant le prototype du film indien et en le conjugant  aux genres qui ont bercé son enfance, des films de Bollywood bien sûr, mais aussi Le Magicien d’Oz, Grease ou encore La Mélodie du bonheur. C’est un peu comme Tarantino, avec le cinéma asiatique !
Les acteurs indiens ont l’habitude de ce genre de comédie, ils maîtrisent donc la danse et le sens mélodramatique parfaitement. L’ancienne Miss Monde Aishwarya Rai, qui fit partie du  jury du festival de Cannes 2003, est d’une beauté qui ne laissera personne indifférent. Quand aux acteurs occidentaux, comme Martin Henderson (qui n’a même pas pu embrasser une des plus belles femmes du monde !), ils débarquent tout autant que nous ! «La danse indienne, c’est un peu comme visser une ampoule d’une main et caresser un chien de l’autre».
Un genre peu connu en France, du moins qui n’intéresse pas trop les Français «trop cultivés cinématographiquement». En Angleterre, ils sont moins sévères, on peut être sûr que ça marche !
La réalisatrice du charmant «Joue-la comme Beckham» prétend, dans son troisième film, amener le Bollywood traditionnel dans les foyers et les coeurs occidentaux. Pari gagné ! C’est avec bonheur et surprise qu’on découvre un cinéma si particulier, extrêmement drôle, qui peut paraître kitsch voire ridicule, mais qui n’a d’autre but que de divertir un public prêt à rêver !