Le Secret des poignards volants
House of the flying daggers

Film chinois de Zhang Yimou

Avec Takeshi Kaneshiro, Andy Lau, Zhang Ziyi...


Cannes 2004 - Sélection officielle


Par Raphaël Lefèvre
 
Sortie le 17-11-2004

Durée: 1h59

 

On est en droit de se poser des questions sur Zhang Yimou, cinéaste chinois plébiscité en Europe, lauréat de nombreux prix à Cannes, Venise ou Berlin, hier vague contestataire humaniste du régime de Pékin, aujourd’hui faiseur franchement opportuniste, qui se met soudain au film de sabre après le succès international du genre ouvert par Ang Lee. L’année dernière, fort d’une belle brochette d’acteurs asiatiques internationalement connus (Jet Li, Tony Leung, Maggie Cheung, Zhang Ziyi), du chef-op de Wong Kar-wai (Christopher Doyle) et du compositeur de Tigre et dragon (Tan Dun), ça donnait Hero, une tapisserie sans âme et idéologiquement douteuse ; un peu moins prestigieux, un peu moins ambigu, mais jouant sur le même volet d’exotisme feutré pour spectateur occidental émerveillé, voici Le Secret des poignards volants.

On peut parler de grâce, de symphonie de couleurs, de jubilation des mouvements… On est pourtant loin de la véritable puissance visuelle des wu xia pian hong-kongais de la grande époque (Tsui Hark et consorts). A force de soigner l’image, Zhang Yimou en oublie de filmer ses scènes d’action. Illisibles, ni réellement fluides ni jouissivement cinétiques (le montage est singulièrement mauvais), elles reposent en grande partie sur des effets spéciaux - qui, eux, semblent vraiment intéresser, voire fasciner le réalisateur. Si l’on se laisse séduire par des idées originales (le duel des cailloux sur tambourins), des scènes bien enlevées (le combat dans la forêt de bambou) et un lyrisme à la fois épique et intimiste (le final sous la neige), tout cela reste tout de même très décoratif et compassé.