L'ennemi naturel

Film français de Pierre Erwan Guillaume

Avec Jalil Lespert, Aurélien Recoing, Doria Achour





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 01-12-2004

Durée: 1h37

 

Crime et Sentiment

Un jeune lieutenant de police, plutôt bébête et timide, débarque dans un bled breton pour enquêter sur la mort d’un adolescent. Il y est accueilli par une incroyable brigade de gendarmerie qui a du faire ses classes à Saint-Tropez, sous les ordres de l’adjudant-chef de Funès, avant d’être mutée en Bretagne. Malgré cette équipe de bras cassés, le jeune inspecteur tente d’avancer dans son enquête.

Accident ou meurtre ? Les soupçons se portent sur le père du garçon que tout semble accuser : sa femme, sa violence et sa lubricité. A chaque instant, le pauvre flic se fait injurier par les témoins, les gendarmes et même les suspects ! Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une comédie, avec Jalil Lespert dans le rôle de l’inspecteur Clouzeau, mais d’un drame.

Le problème intime du jeune lieutenant, c’est qu’il adore baisser son pantalon un peu partout : devant le miroir de son lavabo, dans la campagne ou sur une plage. De plus, malgré un mariage hétéro bon teint et une fraîche paternité, ses rêves érotiques ne sont visités que par la nudité du père sur qui pèsent les soupçons. Espérons pour Aurélien Recoing, interprète de ce rôle difficile, qu’un trucage numérique a flatté ses attributs intimes, sinon on se demande où il peut trouver des slips XXXL pour abriter ce membre de cheval. (On se demande aussi jusqu’où peut aller l’étrange métier de comédien, de nos jours…) Donc, le film vire hardiment Gay-Pied et nous échappons de justesse à une fellation policière appliquée au "sucepect". Broyé par ses démons, le pauvre flic tente de se suicider. Là aussi, échec de ce born louzeur. Mais le père, blanchi par les conclusions de l’enquête, vient le récupérer in extremis et l’emmène dans sa voiture. Où vont-ils ? Chi lo sa ? C’est ce qu’on peut appeler une fin ouverte.

Pierre Erwan Guillaume aime les belles images et ce premier long métrage est bien sagement réalisé. Mais l’histoire qu’il nous propose semble le maillon le plus faible de l’entreprise. C’est d’autant plus étrange qu’il a choisi la section scénario à la FEMIS et que l’écriture a été sa première activité professionnelle. Etait-ce vraiment le bon choix ?