La plus belle victoire
Wimbledon

Film anglais de Richard Loncraine

Avec Kirsten Dunst, Paul Bettany, Sam Neill





Par Raphaël Lefèvre
 
Sortie le 20-10-2004

 

Coup de foudre à Wimbledon

Une comédie romantique légère et acidulée dans le milieu du tennis professionnel : voilà un film bien surprenant de la part de Richard Loncraine, le cinéaste anglais qui, il y a quelques années de cela, interrogeait l’inconscient européen du XX° siècle à la lumière de Shakespeare en transposant Richard III dans les années 30… La Plus belle victoire est loin d'être aussi saisissant. C'est même un film peu original... qui se laisse pourtant regarder avec un certain plaisir !

La réalisation, cédant à quelques scories à la mode, s’embarrasse d’effets inutiles (caméra virtuelle virevoltante qui va traquer les pensées du héros au fond de son œil ou se met à la place de la balle…) et peine à rendre les scènes de tennis lisibles. Le scénario sert sagement tous les codes du genre : ils se rencontrent, ils s’aiment, il la déçoit, elle s’en va, il se rattrape en faisant un speech en public, elle revient… On note çà et là quelques scènes un peu ridicules, comme lorsqu’une musique cool vient accompagner nos tourtereaux dans leur balade en forêt, nous plongeant soudain dans une ambiance neuneu à la Dawson

Et pourtant... Il y a de l’aisance et de la malice dans la façon de remplir le cahier des charges, beaucoup d’humour (british ou pas, c’est tour à tour habile, spirituel, délicieusement régressif) et d’irrévérence. Le film marque des points en faisant de son protagoniste un mec certes charmant mais un peu loser, qui gagne le tournoi grâce à sa libido soudainement requinquée, à un adversaire qui se blesse la cheville et à une pluie torrentielle tombant à point nommé pour faire une pause méditation – bref, pas du tout par ténacité et goût de l’effort… La Plus belle victoire risque de scandaliser plus d’un entraîneur sportif : verra-t-on jamais un athlète de haut niveau s’enfiler fish-and-chips, bière et baise entre deux matches ?! De ce point de vue, le film est très amusant. Mais il vaut surtout pour son couple vedette attachant, frais et glamour : le charmant Paul Bettany (Dogville, Master and commander) et la pétillante Kirsten Dunst, qu’on ne présente plus. Le courant passe bien, le talent comique s’épanouit joyeusement – bref, même si le mot « amour » vient se plaquer un peu vite sur ce qui ressemble plutôt à un réjouissant flirt poussé, on se laisse séduire.