Collateral

Film américain de Michael Mann

Avec Tom Cruise, Jamie Foxx





Par Paola Villar
 
Sortie le 29-09-2004

Durée: 2h

 

Dommage

Roulant  dans son taxi dans les rues de Los Angeles, Max, chauffeur sympathique  mais velléitaire, ne pouvait se douter que son prochain client allait quelque peu modifier sa routine nocturne. Après un flirt avec une jeune et belle avocate qui souhaite accessoirement le revoir, Max accepte de faire la course le reste de la soirée pour Vincent, un homme  froid et impassible.

Mann  s’est fixé un objectif difficile : réaliser, à partir d’un scénario très classique, des personnages stéréotypés et une trame prévisible, un thriller hollywoodien élégant et propre. Tous les ingrédients de l’efficacité américaine sont là : le méchant très méchant, le gentil très gentil, les armes, les voitures, les trafiquants… et il y a le gros avantage qui fait basculer Collatéral de la catégorie « patchwork de déjà-vu » à celle de «patchwork de déjà-vu mais plaisant ». Le regard talentueux  de Mann, grâce à une caméra vivante et dynamique, fait de ce thriller une sorte de reportage fictif. Cet aspect intéressant, combiné à un  Los Angeles nocturne et  poétique, lumineux et mystérieux, très loin de la métropole impersonnelle et bruyante, est remarquable. S’ajoutent à cela des dialogues divertissants,  rythmés et ironiques à souhait: quand ils ne sont pas lourds, on esquisse même un sourire pas trop forcé. Malheureusement, l’alternance de scènes possédant un réel intérêt avec celles, trop abondantes, d’une longueur et d’un ennui exaspérant, requiert un réel effort de concentration. De plus, le fait que l’on puisse deviner le déroulement de toute l’action  propulse le spectateur au rang de voyant extralucide, ce qui devient même vexant. On peut cependant féliciter Tom Cruise qui a le mérite de faire oublier l’acteur qu’il était et de réaliser une performance très satisfaisante. Jammie Foxx est juste dans son rôle de victime courageuse et héroïque et Jada Pinkett Smith (en avocate ambitieuse) mérite qu’on l’ignore. Les seconds rôles comme celui de Max Ruffalo en agent des stups et Irma Hall dans le rôle de la mère de Max sont excellents et leur apparition stimule nos cerveaux endormis. A la fin du film on ressort avec la sensation d’avoir beaucoup roulé dans Los Angeles : la ville était belle, le chauffeur plutôt  agréable  mais on est heureux d’être finalement arrivés.
Un film qui pourrait ressembler à tant d’autres… : supérieur au thriller américain habituel mais trop souvent soporifique et prévisible.