Assassination Tango

Film américain de Robert Duvall
Sélection officielle Festival de Deauville 2003

Avec Robert Duvall, Luciana Pedraza, Ruben Blades, Kathy Baker





Par Esther Castagné
 
Sortie le 18-08-2004

Durée: 1h54

 

Fascination Tango

Qu'y a-t-il de plus érotique et envoûtant que la danse ? Dans Assassination Tango, Robert Duvall, ici acteur et réalisateur, nous engage sur une fausse piste en nous faisant croire à une intrigue policière alors que le film montre essentiellement qu'il est impossible de résister à la fascination exercée par le tango.

Ce film, sur fond de complot politique, est un hymne à la sensualité. John J., qu'interprète Duvall lui-même, parfait dans ce rôle de vieux beau touchant et pathétique, est un beau-père idéal. Il est aussi un tueur à gages qui doit accepter d'aller à Buenos Aires exécuter un général véreux et influent. Normalement le contrat devrait lui permettre de revenir à temps pour
l'anniversaire de sa belle-fille adorée… Pourtant il va être retenu dans ce pays étranger où il va découvrir, par l'intermédiaire d'une danseuse, la magie du tango, qui est en même temps « amour, haine », plaisir et douleur. La danse devient alors une métaphore de la vie, et relègue au second plan le thriller auquel on pouvait s'attendre. Si on peut reprocher à Duvall la crédulité de l'épouse de John et un scénario assez faible, c'est avec beaucoup de finesse qu'il met en scène ce glissement, qui est aussi celui du tango. Il filme les corps qui s'enlacent avec  une douceur qui fait ressortir la dureté du monde extérieur. Les séquences dansées sont en effet des interludes qui semblent se dérouler hors du temps et de l'espace. Ce contraste est mis en valeur par la lumière de Felix Monti. Il crée une atmosphère troublante, qui reflète l'état d'âme du protagoniste traqué et amoureux. Le film est enfin une sorte d'exercice de style. Il est une révélation pour le spectateur qui s'attendait à un thriller et découvre un éloge de l'amour et pour le protagoniste qui revient transformé de son voyage. Ce film intimiste, présenté en compétition officielle du 29e Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2003, séduira davantage les amoureux de la danse que ceux du film noir.