La Nina Santa

Film argentin de Lucretia Martel

Avec Carlos Belloso, Mercedes Moran, Mia Maestro, Alajandro Urdapilleta, Maria Alche





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 15-09-2004

Durée: 1h46

 

L'allumeuse

Des adolescentes plongées dans une stricte éducation catholique mais tenaillées par l’éveil de la sexualité, voilà un début qui augure bien ; et comme tout ce petit monde est hispanophone, on imagine que l’ombre tutélaire de Bunuel va recouvrir la Nina Santa. D’autant plus qu’un oto-rhino quinquagénaire, de passage dans la ville pour un congrès, adore se coller contre les fesses de l’héroïne dès qu’un mouvement de foule lui en laisse la possibilité. Un rôle parfait pour feu Fernando Rey...

Hélas, ces prémisses sont trompeuses et les espoirs que fait naître cette réalisatrice-allumeuse sont vite douchés par la platitude des situations qui succèdent à ce début prometteur. Aux échanges de regards et aux longs silences sensuels qui ouvrent le film succèdent des bavardages insipides et ininterrompus. La platitude du scénario contamine également la réalisation. Je suppose que le cadreur a oublié les manivelles de la tête panoramique chez le loueur, ce qui nous vaut d’interminables champs vides fixes, avec le dialogue off, avant que l’acteur consente à prendre sa place. Ce procédé est tellement systématique, qu’il voudrait passer pour un style. Chacun ses goûts, mais je préfère les Photomatons : au moins, on voit les visages. Finalement, quand l’oto-rhino préfèrera la mère divorcée, alors que la fille est consentante, on se dit qu’il aurait mieux fait d’assister à un congrès de psy qu’à celui de sa spécialité.