Je suis un assassin

Film français de Thomas Vincent

Avec Karine Viard, François Cluzet, Bernard Giraudeau





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 11-08-2004

Durée: 1h47

 

Le crime n'était pas parfait

La vraisemblance n'est pas la qualité la plus marquante des romans de Westlake. L'histoire du  Contrat, dont s'inspire le nouveau film de Thomas Vincent, ne comporte pas une once de crédibilité. Comment croire qu'un honnête citoyen accepte en un temps record (48 h ?) de devenir  tueur à gage pour un profit on ne peut plus incertain ?

Brice Kantor, dans le second film de Thomas Vincent (réalisateur du remarqué Karnaval en 1999), est un écrivain célèbre  mais  au bout du rouleau. Son ex-femme  l'étrangle financièrement mais surtout,  c'est  elle  qui,  à ses yeux,  est responsable de sa panne d'inspiration. Lorsqu'il rencontre Ben, un écrivain en mal de reconnaissance, Brice s'imagine avoir trouvé la solution. Désormais, moyennant  finances, Ben écrira ses livres. Mais auparavant    il  doit le débarrasser  sa femme !

Westlake consacrait une grande partie d'un récit particulièrement savoureux à détailler les affres d'un écrivain en panne d'inspiration. Tergiversations, atermoiements  puis, pour finir, prostration   d'un auteur  autrefois  consacré, désormais accablé par    le succès  des livres de son   nègre, et surtout  par  l'horreur   du crime qu'il a commandité,   tout cela donnait des pages  subtiles et hilarantes  de la part   de  l'un  des écrivains les plus prolixes du moment. Les état d'âme du narrateur  sont complètement gommés dans le film de Thomas Vincent, qui n'a gardé du roman  que le squelette. Cependant la trame est suffisante pour fournir l'argument d'un honnête thriller. Pas la moindre  vraisemblance donc dans ce polar extravagant, qui se réduit en fin de compte à   un formidable numéro d'acteurs...
La performance  des trois comédiens    justifie   à elle seule  largement   le détour, même si le film verse dans le grand guignol en bout de course. Madame Folledingue c'est  l’inénarrable Karine Viard, imbattable dans ce registre. François Cluzet donne un semblant de réalisme à son personnage tandis que Bernard Giraudeau campe  un   cinglé inspiré. La mise en scène est efficace  et  si l'on veut bien oublier Westlake, on s'amuse plutôt bien.

Un bon petit divertissement des familles, en attendant les livraisons plus substantielles de septembre ?