Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

Film américain de Alfonso Cuaron

Avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Gary Oldman





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 02-06-2004

Durée: 2h30

 

Braguette magique (Harry Potter : ou comment s’en débarrasser)

Le jeune sorcier intermittent et désormais sponsorisé (Adidas) est de retour, un an après La chambre des secrets : l’acteur de quatorze ans, rattrapé par son personnage glabre de 13 ans, sera bientôt barbu avant la fin de la saga…
Amitiés en péril, démons intérieurs et agités du bocal forment cette fois une intrigue où l’adolescence potterienne fait une entrée fracassante. Le prisonnier d’Azkaban échappe à la facture du vomitif Chris Colombus. Il est évincé par le très en verve et très mexicain Alfonso Cuaròn à qui l’on doit le corsé Y tu mamà tambien !. Le film jouit évidemment d’une relative liberté d’inspiration (pas trop quand même; il répond à l’univers codé de la série).


En 2 h 30 (!) et à grand renfort de tambours rythmant une ritournelle d’affrontements entre désaxés du mal et (chapi)chapeaux pointus, le manoir de Poudlard voit nos trois comparses à nouveau réunis. Le grimaçant Ron (et son non moins grimaçant rat Croutard) assiste, impavide, aux émois du preux Harry, ce dernier feignant de rester insensible aux caresses de sa douce mie, l’hyper rationaliste Hermione (la Scully du tandem) chipie à l’avenir de Spice Girl. Le film pourrait presque emporter l’adhésion, porté par les performances distrayantes de Gary Oldman (prisonnier déguenillé en fuite, aux mimiques calquées sur les prélats hystériques de Bacon), Emma Thompson (binoclarde, illuminée de service) et les deux très britanniques collaborateurs de Mike Leigh : Thimothy Spall et David Thewlis.

Contre le carcan de l’univers « Harry Potter », qui bride l’imaginaire, le cinéaste multiplie les clins d’oeils (pour parer peut-être, aussi, à l’ennui du parent somnolant ?) : comme dans cette séquence où nos héros se dédoublent pour visionner la scène qu’ils viennent de jouer et en proposer une variante - petite mise en abyme cinématographique, le méta-Harry fait mâle -.

Le terme de cette éprouvante trilogie n’offre guère de réelle surprise, mais emplit néanmoins sa feuille de route. On se frotte les mains : en attendant que se noue une romance torride (sous cape), ou un mariage de convenance, entre sorciers, Le Prisonnier d’Azkaban répond au cheminement de ses jeunes héros, plus sombre (plus intéressant ? à voir.) mais incapable de se détourner totalement de l’enfance. Le diagnostic est donc formel : rien dans le slip (pour l’instant).