Carnets de voyage
The motor cycle diaries

Film américain de Walter Salles

Avec Gael Garcia Bernal


Sélection officielle Cannes 2004


Par Frédéric-Pierre Saget
 

 

Ernesto Guevara vit confortablement dans sa petite famille bourgeoise en Argentine. Il suit des études de médecine, il est beau, la vie est belle. Mais Ernesto Guevara a une irrésistible envie de traverser toute l’Amérique latine sur une moto en fort mauvais état conduite par un chauffard. Alors il part, Ernesto Guevara.

Mais, Guevara, Guevara, nous connaissons ce nom-là. Oui, c’est bien le Che, avant qu’il soit le Che : le voyage que narre Walter Salles est celui qui a provoqué LE bouleversement dans la vie d’Ernesto, celui qui a changé son destin de docteur respecté en destin de héros politique communiste. Bref Guevara va découvrir que l’Amérique du sud va mal, que le monde est moche et que les gens meurent de faim.
Film très attendu à Cannes, tant par le sujet qu’il aborde que par son réalisateur et son acteur principal, le beau Gael Garcia Bernal, Carnets de voyage ne tient pas vraiment ses promesses. Certes, les acteurs jouent bien. Mais après ? Salles met en scène son histoire de façon académique et, du coup, le décompte des kilomètres qui s’affiche régulièrement en bas de l’écran se transforme, pour le spectateur, en un décompte du temps restant : vivement les huit mille kilomètres, symbole d’un but atteint et de la fin du film. Je mets alors en garde les futurs spectateurs de ce film : nos deux héros atteignent vite les huit mille kilomètres, ils les atteignent avant la moitié du film… Méfiez-vous.
Enfin, Carnets de voyage offre tout de même quelques séquences comiques, un beau travail de Salles et de Garcia Bernal pour faire de Guevara un habile mélange entre l’adolescent mal dégrossi, l’homme politique et le héros mythique qui, déjà, traverse à la nage le fleuve qui coupe en deux l’hôpital pour lépreux. Carnets de voyage se consomme donc tranquillement un samedi soir ; il nous apprend les débuts du Che et les raisons de ce surnom. Allez, ce film a fait pleurer l’ancien compagnon de route de Guevara et tout le grand palais Lumière a applaudi pendant vingt minutes, sous l’émotion. Salles visait-il plus haut, finalement ?