Le mariage de Rana
Rana's wedding

Film palestinien de Hany Abu-Assad


Présenté au Festival de Cannes 2002
Semaine Internationale de la Critique



Par Christophe Chauvin
 

 

Jérusalem Est.

Rana, une jeune palestinienne, est contrainte par son père de choisir un mari parmi une liste de prétendants : elle a jusqu’à 16 heures pour se décider.

L’ultimatum est lancé, et Rana décide de partir à la recherche de celui qu’elle aime, et qu’elle veut épouser, Khalil.

C’est à travers les regards et les pensées de Rana que l’on découvre, de Jérusalem à Ramallah, la vie quotidienne en Palestine.

Le réalisateur Hany Abu-Assad promène sa caméra dans un pays en état de siège, et filme ses habitants, exposés sans cesse aux barricades, aux contrôles d’identité, aux confrontations entre Palestiniens et militaires israéliens. Il n’a pas choisi ici de montrer la guerre israélo-palestinienne (pensant sans doute que les médias en donnent déjà assez d’images) mais bien la vie de tous les jours, sans complaisance. On peut reprocher la forme adoptée par le réalisateur qui joue beaucoup sur les clichés sans jamais vraiment entrer dans le vif de son sujet. Le montage académique et trop répétitif alterne des plans très (trop) lents, porteurs de la tension dramatique, et des plans plus rapides, rythmés par la musique, donnant une tonalité plutôt comique. Cette alternance drame/comédie trahit en quelque sorte le propos du réalisateur : sa volonté de montrer la crise que traverse le pays devient presque vaine. En effet, les scènes, très intéressantes, où l’on suit les check points ou encore le conflit entre habitants et militaires, sont relayées par d’autres beaucoup plus frivoles qui affaiblissent la situation. On regrettera donc d’autant plus le " happy end " qui, même s’il donne une certaine note d’espoir, paraît un peu ridicule. On appréciera néanmoins l’interprétation de Clara Khoury dans le rôle de Rana et la manière presque documentaire avec laquelle le réalisateur filme son actrice à travers la ville.

Pour finir, Rana’s wedding est un film inégal mais touchant, tourné dans des conditions difficiles, peu avant le siège de Ramallah.