Alma, la fiancée du vent
Bride of the wind

Film américain de Bruce Beresford

Avec Sarah Wynter, Vincent Perez, Jonathan Pryce, Simon Verhoeven, Gregor Seberg





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 28-04-2004

Durée: 1h40

 

Viennoiserie

Alma se fera au mieux remarquer par la laideur de son affiche. Bruce Beresford (Un anglais sous les tropiques), séduit par le personnage historique d’Alma Mahler, sauta dans le premier avion pour Vienne, joignant à sa musette pinceaux et violons.

La belle Alma fédéra tout un bataillon de mignons qui se succédèrent à ses pieds : muse, tour à tour, du compositeur Gustav Mahler (l’artiste en conflit, Jonatan Pryce), des peintres Klimt (débonnaire August Schmölzer) et Kokoschka (Vincent Perez en primitif viril et caucasien), de l’architecte visionnaire Gropius (Simon Verhoven) et du poète échevelé Franz Werfel (Gregor Seberg). Le regard dépassionné du cinéaste rend son souffle à Alma la douce, et la grâcile Sarah Wynter (24 heures chrono) qui l’incarne, sous des faux airs de Cate Blanchett, se découvre finalement un charme secret.

Le film, dans un même mouvement que le Cercle de Vienne, qu’il décrit, s’organise en rencontres orchestrées, artificielles et sans surprise, ponctuées d’un «Ach, Herr Machin !». Dans un effort pour faire revivre l’effervescence de cette époque prolifique, Beresford, pataud, convoque les ombres de Vienne en tant que représentantes d’un folklore local.
Ce flottement académique qui se rêvait maniériste est toutefois rendu supportable par le flux musical de Mahler, qui porte le film (c’est peu et beaucoup à la fois).
Poussés par les exigences de la reconstitution, les caractères évoluent parés de somptueux atours, au sein d’un décorum chargé et scintillant (d’époque !) : l’exercice du regard se trouve alors figé, du fait même de cette visite guidée gagnée par la muséite.