Brooklyn Babylon

Film américain de Marc Levin

Avec Tariq Trotter, Karen Goberman, Bonz Malone, David Vadim





Par Clara Schulmann
 
Sortie le 28-04-2004

Durée: 1h30

 

Roméo et Juliette chez les Rastafariens

Un quartier de Brooklyn symboliquement coupé en deux, entre noirs et juifs, et une love affair des temps modernes.

Sara est juive, issue d'une famille très pratiquante, isolée et  promise  à un jeune homme qui prône la séparation entre les deux communautés. Son visage  est fermé, plein de violence. De l’autre côté, Sol, incarné par la star du groupe de rap The Roots, Tariq Trotter, qui, pour les besoins du film,  fait ses premiers pas dans le milieu du hip-hop. Il écrit des textes empreints de mysticisme, rêve d’accalmie et de compréhension mutuelle.

Ils se rencontrent par hasard, se plaisent, mais mettent du temps à admettre leur amour. Ils incarneront pourtant, aux yeux du réalisateur, l’histoire du roi Salomon et de la reine de Saba, ou comment l’amour peut vaincre les différences ethniques, et briser les tabous.
Autour d’eux c'est la tourmente, les émeutes se multiplient, le quartier s’embrase.

Le film s’avère bourré de caricatures diverses, de façon à accentuer les différences et la montée de la violence. On regrette que le cinéaste n’ait pas pris le temps d’étudier ces paysages urbains, à ce point marqués par la question de la frontière invisible, dont le poids pèse sur chacun. Les communautés pâtissent l’une et l’autre de ce regard partagé entre complaisance et radicalisation facile. Les personnages portent sans conviction leur rôle de sauveurs d’une humanité perdue, à reconstruire.
Une seule chose à conserver, le charme de l’actrice, silhouette évanescente, qui incarne Sara, Karen Goberman. Elle échappe à toute description trop rapide, traverse le film avec grâce, sans rien perdre de son intégrité.