Le frère du guerrier

Film français de Pierre Jolivet

Avec V. Lindon, F. Berléand, G. Canet, Mélanie Doutey





Par Henri Lanoë
 

Durée: 1h55

 

J’ai toujours pris plaisir à voir les films de Pierre Jolivet dont la liberté d’inspiration et le désir d’échapper aux rails de la répétition m’ont toujours plu. Mais avec Le Frère du Guerrier, j’avoue ma perplexité. On sent qu’il a été passionné par ce sujet qui, sur le papier, est intéressant puisqu’il traite de l’introduction de l’écrit pour remplacer la transmission orale. Il a tourné dans des paysages magnifiques, avec beaucoup de soin dans le choix des décors, des accessoires et des costumes. Mais la magie n’a pas opéré sur moi : J’ai eu, bizarrement, l’impression de voir un film de Viollet-le-Duc qui nous conterait la rude existence des ancêtres de Vincent Lindon et de François Berléand, au XIIIe siècle, ne se doutant pas que leurs arrière-petits-enfants, 700 ans plus tard, deviendraient acteurs de cinéma et se rencontreraient dans Ma Petite Entreprise.

Est-ce l’abus de la brutalité permanente qui transforme la vie médiévale en une succession de rapts, de vols, de viols, commis par des estropiés de toutes sortes auprès desquels nos " sauvageons " banlieusards sont des petits anges ?

Est-ce un problème de casting ? J’avoue que Lindon, déguisé en Rambo médiéval, me laisse sans voix, comme son frère Guillaume Canet (qui en perd la parole pendant presque tout le film.) Parfait dans " Fred ", en prolo grassouillet, il a du mal à schwarzeneggeriser du jour au lendemain. Après tout, les acteurs ne peuvent pas tout faire et Russell Crowe est plus crédible en gladiateur qu’en génie mathématique. Il reste toujours l’espoir d’un remake avec Brad, George et Julia, en boîteuse, qui donnerait au film la classe qui lui fait défaut.