Gente di Roma

Film italien de Ettore Scola

Avec Giorgio Colangeli, Antonello Fassari, Fabio Ferrari, Fiorenzo Fiorentini,...





Par Morgane Perrolier
 
Sortie le 07-04-2004

Durée: 1h33

 

Visite guidée

A travers une mosaïque d'images, de personnages, de quartiers et d'histoires, Gente di Roma rend hommage à la capitale italienne. Du matin au soir, en suivant un bus qui parcourt les rues de la ville, Ettore Scola dresse une quinzaine de tableaux, indépendants les uns des autres. Album d'illustration d'un cinéaste sur la ville qu'il aime, le film fait de la métropole le personnage principal : Rome, telle qu'elle est aujourd'hui, telle qu'elle n'était pas il y a dix ans, telle qu'elle ne sera plus dans une décennie.

Du travail à la famille, des dialectes au modes vestimentaires, de la cuisine aux loisirs, des Romains de souche aux extra-communautaires, Ettore Scola saisit furtivement, avec le talent d'observateur et le ton caustique qui caractérisent son style, quelques fragments de vie. Malheureusement, les portraits qu'il brosse, souvent drôles et finement pensés, se suivent sans véritable cohérence d'ensemble. Nous croisons, l'espace d'un instant, des personnages, et les quittons aussitôt, définitivement. Le réalisateur ne fait donc que survoler, sans véritable ambition sociologique ni fil conducteur (si ce n'est l'autobus), l'amère réalité des habitants de la ville. Mélangeant acteurs chevronnés et non professionnels dans leur propre rôle, Gente di Roma, tout en se rapprochant, dans l'intention, du documentaire (pas de récit ni de schéma narratif), reste une fiction, et se prive ainsi d'une réelle force dramatique (les flashbacks dans un passé lointain, sont, de ce point de vue, un parti-pris assez contestable). En outre, le choix de l'alternance de plans tournés en numérique et d'autres transférés sur pellicule, n'est, visuellement, pas très heureux.

Le principal défaut de Gente di Roma réside donc dans un cruel manque d'unité : chaque scène, de l'ouvrier récemment licencié qui n'ose l'avouer à son épouse, au grand-père qui refuse mordicus d'aller en maison de retraite, semble constituer l'amorce d'un nouveau film. Toutefois, Ettore Scola, passé maître dans l'art du dialogue, parvient, au gré de sa flânerie, à offrir un regard drôle et perspicace sur les travers et les qualités d'une humanité composite.