La chute du faucon noir

Film américain de Ridley Scott

Avec Josh Hartnett, Ewan Mc Gregor, Sam Shepard, Tom Sizemore





Par Christophe Chauvin
 

Durée: 2h23

 

Tout juste sorti des arènes de Gladiator, Ridley Scott se lance dans un genre qu’il n’avait pas encore exploré : le film de guerre. Mais cette fois-ci, ce n’est pas au Vietnam, ni à Guadalcanal, ni pendant la Seconde Guerre mondiale que se déroule l’action, mais en octobre 1993 ! Le réalisateur a choisi de poser sa caméra sur un épisode peu connu de l’histoire : l’intervention de l’armée américaine en Somalie.

Chargés de capturer le chef d’une milice locale qui fait régner la terreur sur la ville de Mogadiscio, les soldats américains ne doivent pas mettre plus d’une demi-heure. Mais la mission de routine va vite se transformer en mission de sauvetage puis en véritable boucherie lorsqu’un des " Black Hawks ", les hélicos de l’armée US, se crashe violemment en plein centre de la ville, suite à un tir de roquette. Les " rangers " se retrouvent alors au cœur de l’enfer et la mission-éclair prévue pour durer une heure tourne au carnage ! Le spectateur, lui, est littéralement immergé au cœur de l’action grâce à une mise en scène superbe d’authenticité qui restitue l’ampleur et la violence du conflit avec un réalisme saisissant, et place le spectateur au plus près des soldats, au milieu des balles sifflantes et des corps meurtris. Le réalisateur réussit là un coup de maître en prolongeant sur près de deux heures la première scène de Il faut sauver le soldat Ryan. Malheureusement, on regrettera le fait que Ridley Scott place beaucoup trop au second plan le contexte historique et le pourquoi du conflit, qu’il réduit à de simples phrases d’explication. L’épisode choisi par le metteur en scène ne s’avère être alors qu’un prétexte à un nouveau film de guerre certes brillant, mais dénué de toute réflexion. On appréciera néanmoins le fait que le réalisateur ait réussi à se démarquer de la tendance par trop patriotique et hollywoodienne de son producteur, Jerry Bruckheimer (Armageddon, Pearl Harbor…).

Pour finir, Ridley Scott signe avec La Chute du Faucon Noir un virtuose et violent film de guerre, qu’on appréciera surtout pour sa qualité sonore (la B.O. à la fois suave et nerveuse de Hans Zimmer) et visuelle : le ballet d’hélicos à la Apocalypse Now en est un parfait exemple !