Immortel

Film français de Enki Bilal
Adaptation de la trilogie

Avec Linda Hardy, Thomas Kreschman, Charlotte Rampling





Par François-Xavier Rouyer
 
Sortie le 24-03-2004

Durée: 1h48

 

Le 28e élément

Immortel est l'adaptation des bandes dessinées d'Enki Bilal, je ne les avais jamais lues, maintenant je sais pourquoi !

Impossible de comptabiliser les références tant elles abondent, à tel point qu'on essaie de trouver le peu d'éléments appartenant au film lui-même. Immortel ne paraît pas être un film hommage à la science-fiction mais plutôt un honteux pillage de celle-ci. Des séquences entières de Blade Runner mais aussi du Cinquième Elément sont parfois réutilisées, Leeloo faisait le saut de l'ange  puis une chute vertigineuse entre les buildings embrumés, pourquoi
ne pas faire la même chose, après tout ?…

On s'effraie des références pseudo-intellectuelles qui pèsent sur toutes les situations, moins originales les unes que les autres. Des dieux égyptiens jouent au Monopoly, Baudelaire est cité à tort et à travers (on aperçoit un volume des Fleurs du Mal à la fin du film lorsque l'héroïne déclame un poème sur fond de musique pop). Kitch à souhait donc ! Ne parlons pas du scénario, soporifique, truffé de symboles sans justification particulière (comme quoi Matrix n'a malheureusement pas influencé la SF que dans le domaine technique, on ne serait pas étonné de croiser l'architecte de la matrice dans l'univers de Bilal et assister, proprement médusé,  à un discours incompréhensible durant de longues minutes). D'ailleurs, Lambert Wilson aurait pu avoir son petit rôle dans cette superproduction (rappelons au passage que ce film est un des plus gros budgets de toute l'histoire du cinéma français) mais c'est finalement Charlotte Rampling qui s'y colle. Elle parvient à être moins expressive que les personnages en images de synthèses (pari risqué mais remporté haut la main !), il est vrai qu'elle ne partait pas avec les meilleurs atouts, affublée d'une perruque en lamelles de vinyles et d'une robe découvrant son dos de jeune première.

D'un point de vue technique, par contre, l'image est assez époustouflante…au début. La ville est extrêmement bien faite, mais dès qu'apparaissent les premiers personnages, assez laids, on s'étonne de la pauvreté des expressions des visages, la couleur gris-bleuté, de plus, fatigue les yeux. On est frustré, de ne pas avoir de manettes dans les mains, de ne pas pouvoir jouer à ce jeu vidéo et d'être bloqué devant cette piètre cinématique sans fin.

Un film, tout sauf immortel !