La repentie

Film franÁais de LaŽtitia Masson

Avec Isabelle Adjani, Sami Frey, Samy Naceri





Par Henri LanoŽ
 
Sortie le 17-04-2002

Durée: 2h05

 

Lorsqu’une réalisatrice tombe " envoûtée " par une star auto-proclamée, il semble qu’elle perde tout sens critique et accouche d’une " Repentie " qui laisse perplexe, sinon hilare.

Prenant appui sur un scénario consternant, Laetitia Masson nous livre donc sa vision de la femme fatale en 2002 : elle est vêtue d’une robe noire, porte un parapluie noir (voir l’affiche où ne manquent que les chaussures et les lunettes noires), tire une valise à roulette tout-terrain et " envoûte " Sami Frey, habillé en corbeau lui aussi, dans son casting classique de vieux-veuf-éploré-encore-séduisant, qui distribue des liasses de billets de banque, comme des kleenex, à la " demoiselle fatale " incarnée par Isabelle Adjani.

Nous ne reprendrons pas ici la polémique sur Julia-Silicon-Roberts, mais soulignons que de naïves notations de dialogues insistent lourdement sur le fait qu’elle est jeune, belle, qu’elle a de beaux yeux et une jolie bouche, pour le cas où le spectateur ne le verrait pas, malgré l’insistance des gros plans glamour qui encombrent ce récit, dont un des sommets restera la baignade de nos deux croque-morts, tout habillés, sur la plage du Negresco.

Parallèlement à ce récit palpitant, Samy Naceri, autre "envoûté" qui a dû se tromper de film, cherche en vain un taxi (III ?) sur la Promenade des Anglais pour retrouver la fatale à la valise à roulettes qu’il poursuit depuis le générique. Pourquoi ? Ce n’est pas Jacques Bonnaffé, nouvel " envoûté " égaré dans cette entreprise, qui nous le dira : il est en prison et ne voit donc pas le film.

Quelques disques de variétés anglo-saxonnes, distribués au petit bonheur, donnent à la star l’occasion de se trémousser interminablement et gratuitement (?), alentissant encore davantage la molle progression d’un récit que des ralentis abusifs mènent au bord de la paralysie, en attendant une séquence finale marocaine qui vaut vraiment le détour. Il est évident que Laetitia Masson aurait dû faire appel à un exorciste afin de se libérer de son " envoûtement " et tenter de reprendre la maîtrise de son film (elle aurait pu aussi demander l’aide d’un scénariste).