James' Journey to Jerusalem
Massaot James Be'eretz Hakodesh

Film israŽlien de Ra'anan Alexandrowicz

Avec Siyabonga Melongisi Shibe, Arie Elias, Salim Daw


Quinzaine des Rťalisateurs Cannes 2003


Par Henri LanoŽ
 

Durée: 1h30

 

Voltaire promise

Dans la platitude de la Sélection cannoise 2003,† James' Journey to Jerusalem† proposait, enfin, un sujet original qui nous changeait des stéréotypes qui encombrent le cinéma mondial.

James, un jeune chrétien d'Afrique noire qui se destine à la prêtrise, part en pélerinage pour Jérusalem. Hélas, pris pour un immigré clandestin, il se retrouve en prison et n'en sort qu'en le devenant réellement, grâce à un entrepreneur sans scrupules qui paye sa caution. Il va rapidement découvrir que l'Israël du XXIème siècle n'a que peu de rapports avec la Terre Promise. Naïf mais malin, James prendra peu à peu son exploiteur à son propre jeu et parviendra à se faire photographier devant la Ville Sainte, mais pas de la façon qu'il avait espérée en entreprenant son pèlerinage.

Dans ce premier long-métrage de Ra'anan Alexandrowicz, James évoque un lointain descendant du Candide de Voltaire qui ne se départit jamais de son optimisme natif.
Si ce même film était italien et interprété par Roberto Benigni, ou américain avec Eddy Murphy, les démêlés du héros avec les escrocs qui l'exploitent et le retournement de situation en faveur de ce faux sans-papiers ne poseraient aucun problème, puisque c'est le b-a ba de ce type de scénario. Mais nous sommes en Israël et certains spectateurs semblent avoir du mal à admettre que ce pays puisse abriter des filous antipathiques aux sentiments nettement racistes. Rappelons que le réalisateur est israélien et ne peut être que difficilement suspecté d'antisionisme.
Un exemple ? Il n'y a pas l'ombre d'un Arabe dans cette comédie satirique, ce qui conduit à se demander pourquoi un conflit ensanglante la région depuis 56 ans. Mise à part cette étrange lacune, ce film irrévérencieux trace d'une certaine société israélienne un portrait féroce qui n'a pas dû plaire aux intéressés, c'est évident.

Le cinéma étant souvent une arme de contestation, je pense que la démarche talentueuse et irrévérencieuse d'Abramowicz mérite notre curiosité, à défaut d'un soutien inconditionnel.†