Confidences trop intimes

Film français de Patrice Leconte

Avec Sandrine Bonnaire, Fabrice Luchini, Michel Duchaussoy, Anne Brochet





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 25-02-2004

 

Divan fiscal

Et voici le 19e film de Patrice Leconte en 28 ans, ce qui constitue une belle moyenne, eu égard à la sécurité de l’emploi dans cette profession intermittente.

De plus, l’ensemble de son oeuvre témoigne d’une qualité assez homogène; les dérapages y sont peu nombreux. Après un début de carrière dans les comédies issues du café-théâtre qui laissait croire que Jean-Marie Poiré avait trouvé son alter ego (reconnaissons honnêtement que les films interprétés par la troupe du Splendid sont devenus des objets de culte dont une génération récite les répliques avec extase), Patrice Leconte se démarque à partir de Tandem et s’oriente vers des scenarii qui prennent appui sur les relations (pas forcément amoureuses) d’un couple aléatoire : un vieil animateur de radio et son chauffeur, un client et sa coiffeuse, deux pères pour une seule fille, un lanceur de couteaux et sa cible, un braqueur de banque et un cardiaque hospitalier…

Confidences Trop Intimes s’inscrit parfaitement dans cette continuité : pour s’être trompée de porte, Anna va raconter son échec conjugal à un conseiller fiscal qu’elle prend pour un psy. Admirable début d’histoire qui permet aux deux comédiens de donner libre cours à leur talent et prouve que Fabrice Lucchini est, aussi, capable d’écouter. Malheureusement, ce récit, comme souvent chez les scénaristes français, a du mal à tenir la distance. Nous sommes trop les spécialistes de «la première bobine», celle qui appâte les producteurs et les distributeurs pour financer l’affaire. Jérôme Tonnerre, Jean-Claude Carrière, Bertrand Blier, entre autres, proposent des démarrages de films alléchants mais qui nous laissent souvent sur notre faim (fin ?).

C’est le point faible de ces Confidences qui donnent l’impression de s’enliser peu à peu, car les développements de l’intrigue nous intriguent de moins en moins.

Le succès de Some Like it Hot est dû à un scénario béton et une interprétation de rêve, mais aussi à la séquence finale qui se conclut par le légendaire «Nobody’s perfect!» Quand le public sort de la salle, il est ravi et a oublié les éventuelles chutes d’intérêt qui ralentissaient le milieu de l’histoire. Ces considérations valent pour ce Confidences trop intimes qui mérite cependant d’être vu, même s’il manque cruellement d’une dernière bobine maîtrisée.