Des plumes dans la tête

Film belge de Thomas de Thier

Avec Sophie Museur, Francis Renaud, Ulysse de Swaef


Quinzaine des Réalisateurs (Cannes 2003)


Par Henri Lanoë
 
Sortie le 25-02-2004

Durée: 1h40

 

Alouette, gentille alouette...

Ce premier long-métrage wallon de Thomas de Thier traite d’un sujet particulièrement insupportable : la mort d’un enfant. Les quarante premières minutes nous montrent la vie d’Arthur, charmant petit rouquin qui ne semble guère scolarisé, entouré de l’amour de ses parents. Ils vivent dans un village proche de marais nauséabonds où pourrissent les déchets de betterave rejetés par la sucrerie voisine.

Les oiseaux migrateurs rythment la vie de la population et font régulièrement escale dans ces plans d’eau, observés par un adolescent ornithologue, onaniste et voyeur. Ce décor étant planté, nous vivons évidemment dans l’attente pénible de la noyade d’Arthur. Pour notre soulagement, celle-ci arrive enfin, nous libérant de l’oppression qu’entretenait le réalisateur. Il va consacrer la longue dernière heure à décrire les tourments de la mère, l’effondrement de sa relation conjugale et sa résurrection grâce à une fort improbable liaison avec le jeune ornithologue-onaniste-voyeur. Alléluia, elle va pouvoir à nouveau approcher son mari.

Le traitement du film s’appuie sur des plans fixes aux images léchées, composées avec soin, jouant avec la lumière et alternant les vastes paysages du Nord avec des gros plans d’insectes en macro. Le montage distribue ces jolies vignettes sans véritable rythme interne, nous donnant souvent l’impression d’assister à une aléatoire projection de diapos. La bande son suit la même tendance que l’image : extrêmement définie et précise, elle fait alterner de profonds silences avec des cris ou des  chocs violents, procédé systématique dont la répétition devient assez vite lassante. Thomas de Thier aime incontestablement travailler l’image et le son : le résultat donne-t-il un film ? A vous de proposer la réponse, selon vos goûts.