Le voyage de James à Jérusalem

Film israëlien de Ra'anan Alexandrowicz

Avec Siyabonga Melongisi Shibe, Salim Daw, Arie Elias





Par Clara Schulmann
 
Sortie le 18-02-2004

Durée: 1h27

 

Voyage au bout de l'enfer

Le voyage de James à Jérusalem se veut être un film à la fois social et politique, dénonçant la façon dont sont accueillis en Israël les travailleurs immigrés.

Fraîchement arrivé de son village d’Afrique pour accomplir le traditionnel pèlerinage, James est pris en main puis embauché par un homme qui a monté son propre trafic et gère des ouvriers  qu’il  exploite en leur retirant leurs passeports et en les sous-payant. La vision idyllique de James est donc rapidement contredite par  cette dure réalité. Pourtant, tout au long du film, le personnage ne parvient pas à se débarrasser de sa naïveté première.Il continue de penser qu’il verra un jour la ville de Jérusalem, et qu’il y accomplira ce pour quoi il y était venu. Rattrapé néanmoins par son quotidien épuisant et difficile, il met facilement au jour les fils retors de cette organisation clandestine, et finit par en prendre souterrainement les rênes. Sa relative finesse d’esprit lui permet de monter sa propre entreprise, et le voilà bientôt aussi rêche et violent que son premier patron : à son tour de diriger, faire de l’argent, et faire travailler ses anciens compagnons.

Aucune morale à retenir de ce film ambitieux qui ne nous donne pas de prise ni de moyens de compréhension allant au-delà des simples images et situations énoncées  par les différentes séquences. Comme l’écrit  Daney : «nous nous retrouvons dans la situation pénible de celui qui est d’accord avec la thèse du film mais qui s’inquiète de voir à quel point le film le conforte dans son accord sans lui fournir aucune connaissance nouvelle au service de cet accord». Le personnage principal est globalement agaçant, d’une naïveté qui fait mal, sans aucune idée sur rien. Seule son idée fixe l’habite, idée dont nous ne connaîtrons jamais rien, puisqu’il se transforme très vite en nouvel entrepreneur, et qu’il applique à la ligne les instructions ultra réactionnaires du monde dans lequel il a initialement atterri. Rien à aimer, donc rien à voir.