Confidences trop intimes

Film français de Patrice Leconte

Avec Fabrice Lucchini, Sandrine Bonnaire


Selection officielle Festival de Berlin 2004


Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 25-02-2004

Durée: 1h44

 

Confidences trop intimes pour film de trop

Se rendant à son premier rendez-vous chez un analyste, Anna se trompe de porte et se confie, sans le savoir, a un inconnu. Celui-ci se prend au jeu et n'ose rien lui dire.

C'est sur ce quiproquo plaisant que commence - bien - le nouveau cru annuel de Patrice Leconte. Poursuivant son exploration du huis-clos suranné, nous revoici plongés dans les ténèbres d'un appartement démodé, suspendus au tintement de la sonnette, étouffés entre les lambris.

La caméra tremblotante, pour effet naturaliste, est aussi inutile que les violons funèbres qui résonnent à chaque instant, annonçant un suspense qui fait défaut. L'épisode le plus angoissant de ce thriller raté est sans nul doute une danse de Saint-Guy interprétée par un Luchini déchaîné mais pas follement sexy.

Comme ses acteurs, le film s'empâte, on en est bien mari: Sandrine Bonnaire, sans âge, en est même inquiétante... Surtout quand on songe à A nos amours. Luchini, la bajoue pendante, affublé d'une moue de célibataire, incarne l’un des conseillers fiscaux les plus ternes de l'histoire du cinéma.

Il faut être bien pudibond pour trouver ces confidences déplacées, néanmoins, on s’accorde sur une impression de trop plein, pour ne pas citer les lourdeurs et autres grosses ficelles que l'on agite sous notre nez. Soulagement : Confidences trop intimes n'est pas minable comme le furent Rue des plaisirs ou L'homme du train. A défaut d’autre chose, Leconte n’en finit pas de se complaire dans un cinéma désuet, de peur sans doute d'avoir a appréhender une once de ce qui pourrait nous toucher réellement.