Fais-moi rêver

Film français de Katu Jacky

Avec Fabienne Babe, Rachid Djaïdani, Sacha Bourdo, Antoine





Par Frédéric-Pierre Saget
 
Sortie le 11-02-2004

Durée: 1h20

 

Besoin d'une bonne carte routière et d'un shampoing

Alice est blonde, elle bosse dans un vidéo-club et trouve que sa vie,  «ben, c'est de la merde».

Jusqu'au jour où elle rencontre Mickey, un super grand gangster qui vole des cassettes vidéo et des caisses. Et là, c'est l'amour, le grand, la virée façon Bonnie and Clyde mais en moins classieux. Et c'est Jacky Katu qui met en boîte tout ça avec un certain décalage et qui appelle son premier long-métrage Fais-moi rêver.

Dans un premier temps, on se demande si cette petite prière est celle de l'héroïne face à Mickey ou celle que le spectateur a faite au réalisateur avant qu'il tourne. C'est un rêve qu'on voit sur l'écran, c'est clair. La petite vie minable des personnages est haute en couleur et en kitch. De  Mickey, jeune beur de banlieue, habillé en mafieux et qui offre des nuits au Ritz, à son ami Francky, faux parrain qui parle d'éthique, rien n'est réel. C'est beau comme un cadeau Bonux des années quatre-vingts. Le jeu des acteurs est décalé en diable et on n'y croit pas une seconde. Mais c'est fait pour, de toute façon.

Le problème n'est pas là ; non, le problème, c'est que ça ne fonctionne pas. Allez savoir pourquoi, si c'est parce que les dialogues sont un peu mal fichus ou parce que les gags un peu trop mal foutus, le fait est que le mal est là. Cela pourrait être délire, mais ça l'est pas. C'est tout pavé de bonnes intentions, d'envie de s'envoler avec du rose bonbon, de transformer les menottes en  alliance, de voir la vie en rose et de trouver le bonheur sous le bitume. On dirait Filles perdues cheveux gras mais sans les chansons et la petite étincelle qui faisait de ce film une comédie légère qui pouvait plaire à tous. Là, ben ça plaira à ceux qui sont dans le trip, bien à fond dans le trip et qui ont la nostalgie des francs (le film date de 2000) mais pas à trop beaucoup de gens. Tant pis, c'est pas grave, la prochaine fois, Katu n'aura qu'à faire un truc un chouia plus mieux. Il manque peu pour que ce soit cooool. Mais on le sent bien, le peu.