La bande du drugstore

Film français de François Armanet

Avec Mathieu Simonet, Aurélien Wiik, Cécile Cassel, Alice Taglioni





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 17-04-2002

Durée: 1h30

 

The beat goes on

Monday I have Friday on my mind… les paroles et l’air endiablé d’Easybeats résonnent dès les premiers instants, accompagnant le cérémonial d’habillement d’un jeune homme, donnant d’entrée de jeu le ton du film. Ce soir-là, Philippe et Marc vont à une boum ; ils rejoignent la blonde Nathalie, leur acolyte de toujours, qui leur présente Charlotte, une jolie brune un peu pimbêche. C’est le coup de foudre entre Philippe et Charlotte. Le film ne sera qu’un chassé-croisé entre ces deux-là, ponctué par les aventures de Marc et Nathalie: la drague, les sapes, les joints, les vacances en Normandie, l’amour, la frime.

Le Drugstore des Champs-Elysées, lieu de rendez-vous de la jeunesse dorée, ça vous dit quelque chose? C’était il y a tout juste quarante ans, les sixties: ceux qui ont connu auront la larme à l’œil ; ceux qui n’étaient pas nés n’en reviendront pas, tant l’époque semble différente et lointaine.

François Armanet (rédac’chef de Libération) a choisi de mettre en scène une part de son vécu, mêlée à une histoire universelle, ressassée cent fois mais qui peut appeler tant de variantes: c’est l’âge des possibles, la fureur de vivre. L’époque précède Le péril jeune de quelques années: minets tête à claques et propres sur eux, juste avant les hippies. Les jeunes arborent une véritable panoplie vestimentaire: jean Levi’s, chemise cintrée, blouson en daim, pour les garçons ; kilt, minijupe, pull shetland découvrant le nombril, pour les filles.

Une réalisation sans surprise et parfois maladroite, un scénario qui manque d’épaisseur ne feront pas de La bande du drugstore un film culte, ni même un "bon" film : rappelons qu’il s’agit de la première œuvre cinématographique de François Armanet. Si certains détesteront, d’autres, cependant, apprécieront ce voyage dans le temps, rafraîchissant et porté par des comédiens hors pair : deux garçons charmants, Mathieu Simonet (miam!) et Aurélien Wiik (aperçu dans Chaos) et deux filles, Cécile Cassel et Alice Taglioni, promises à un brillant avenir. Dans le rôle des adultes, choisis avec soin, on retrouve Bashung, Jacques Lanzmann, ou encore le cinéaste et ancien leader de Mai 68, Romain Goupil, hilarant en père de famille réac’. Le film, enlevé par une B.O impeccable, retrace tout un itinéraire rock d’Aretha Franklin à Otis Redding, en passant par Christophe, et contient en filigrane toute l’atmosphère d’une époque : effet "petite madeleine"garanti.