Grande école

Film français de Robert Salis

Avec Grégori Baquet, Alice Taglioni, Jocelyn Quivrin, Salim Kechiouche, Elodie Navarre





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 20-02-2004

Durée: 1h50

 

C'est bien connu, les gestionnaires de HEC ne font pas bon ménage avec les normaliens et les littéraires. Ici , certains lisent Foucault et plaisantent en latin quand d'autres se rôdent à la dialectique dévorante qui fera leur réussite. Laclos n'est plus loin quand  est initié un pari qui mettra à nu les contradictions de chacun. Les errances du coeur dans un inconsolable entre-deux se font l'écho d'un malaise assourdi (bien souvent étouffé) et sont d'une éclatante modernité.

Adaptant la pièce de Jean-Marie Besset (avec Guillaume Canet) qui avait connu le succès il y a quelques années, Robert Salis signe un premier film ambitieux, mais à moitié réussi. Moins consensuel que le laisserait croire l'affiche, le propos est de, prime abord, incisif et dénué de tabous. On se plait à rêver d'une alliance avec Choses secrètes, mais Salis n'a pas la flamme de Brisseau, et ne partage avec lui que cette impression de série érotique de M6.
Rendons cependant hommage à une nouvelle génération d'acteurs : Grégori Baquet (sous un faux air de Tobey Maguire), la délicieuse Alice Taglioni qui excelle dans son rôle de garce intello face à Elodie Navarre aussi convaincante en jeune bourgeoise étriquée que Jocelyn Quivrin, désespérant de cynisme, sans oublier Arthur Jugnot (fils de) et Salim Kechiouche (Les amants criminels).
A ceux qui se sont rendus aux gala de HEC d'évaluer la part de cliché dans le film et de voir, le cas échéant, dans quelle mesure celui-ci est un reflet fidèle de la réalité. Comme souvent, Grande école accumule les maladresses des premiers films : didactisme, voix off larmoyante, rêves symboliques, esthétisation gay et rococo, fatras idéologique. On parvient alors à cet écart décevant qui sépare l'intention du résultat.