Happy End

Film français de Amos Kollek

Avec Audrey Tautou, Justin Theroux, Jennifer Tilly





Par François-Xavier Rouyer
 
Sortie le 24-12-2003

Durée: 1h28

 

Sans prétention

Happy End ou la dure vie d’une actrice débutante à New York. On a d’ores et déjà envie de dire à Amos Kolek quelque chose comme " whaooh! Quelle idée originale! " Mais bon après tout, c’est parfois avec les sujets les plus basiques que l’on fait les meilleurs films (voir l’excellent Le Retour). Le problème c’est qu’avec cette trame éculée des déboires d’une jeune actrice française venue tenter sa chance à Hollywood, Kollek fait le film le plus banal possible.

A part quelques petites touches bien vues, douce folie gentillette, le réalisateur nous sert tous les poncifs qu’il a pu trouver. C’est d’autant plus décevant que le film semble parfois prendre un chemin intéressant notamment lorsque le scénario que Jack est en train d’écrire se révèle être peu ou prou le scénario du film de Kollek. On espère alors une mise en abyme vertigineuse, qui semble bien vite donner la nausée au réalisateur. Il se détourne promptement de ce qui aurait pu être captivant. Malgré tout, le film est assez sympathique, notamment grâce au charme de la belle et naïve Valérie, rôle interprété avec toute la simplicité et la finesse d’Audrey Tautou. Mais, à moins d’être venu voir le film pour son actrice et ne regarder qu’elle, le spectateur, devant les incohérences flagrantes du scénario, manque parfois de s’étouffer avec son pop-corn: la jeune actrice couche dehors et est pourtant tout le temps parfaitement pimpante (on a, ici, le droit de réclamer une Tautou toute sale); la petite française n’a pas d’argent et est pourtant sans arrêt accrochée à son téléphone portable, en partie pour des appels internationaux! Valérie parle d’ailleurs en anglais à sa mère qui est pourtant française, comme elle… Il est d’ailleurs intéressant de noter ici que durant tout le film, Valérie cache son pourtant ravissant petit accent français, par un accent suédois à couper au couteau et se fait passer pour une certaine Zha Zha Schoultz. Doit-on y voir une nouvelle expression de la francophobie qui règne actuellement aux Etats-Unis? Tandis que des films aussi différents que SWAT ou Master and Commander font des Français les nouveaux Russes du cinéma américain, Valérie masque ses origines pour mieux obtenir un rôle…

Ce film a au moins le mérite d’être interactif car lorsqu’Amos Kollek vire peu à peu au sentimentalisme à l’eau de rose, le spectateur, dans son for intérieur, s’écrie: " Non Amos, non, arrête-toi là! Ca va tourner au ridicule! " Mais malheureusement Amos ne nous entend pas et la fin guimauve correspond tristement au titre du film…