Dracula, pages tirées du journal d’une vierge

Film canadien de Guy Maddin
Adaptation du roman de Bram Stocker

Avec Zhang Wei-Qiang, Tara Birtwhistle, David Moroni, Cindy Marie Small, Johnny Wright, Stephane Leonard, Matthew Johnson, Keir Knight, Brent Neale, Stephanie Ballard





Par Léa Hadida
 
Sortie le 31-12-2003

Durée: 1h14

 

Les vampires ont fatigué le grand écran. Une adaptation de plus est-elle susceptible de nous apporter quoi que ce soit de nouveau? L’entreprise est d’autant plus délicate que le roman a déjà été adapté de façon magistrale par F. F. Copola en 1992.

Pourtant, c’est un canadien inconnu et autodidacte qui se frotte à l’histoire de la célèbre chauve-souris aux dents acérées. Contre toute attente, cette version ne ressemble à aucune autre. Guy Maddin revient aux sources du cinéma. Dans un décor emprunté à l’univers expressionniste, des acteurs sortis d’un film de Murnau dansent sur une symphonie de Mahler. Leur jeu emphatique s’exprime dans un ballet qui donne au film une portée poétique. Fidèle au roman de Bram Stocker, le réalisateur est soucieux de l’adapter dans le moindre détail jusqu’aux couleurs: le noir et blanc ainsi que le rouge sang dominent. Il reste néanmoins très libre et le film tend parfois à l’expérimentation. Les teintes de l’écran qui ne cessent de changer sous l’effet des filtres tantôt ocres, mauves, verts, nous étourdissent par moment. Néanmoins on se laisse facilement prendre au jeu, d’autant plus que certains éléments narratifs concernant la sexualité et l’argent sont traités de manière très contemporaine.
Ce film renoue avec le cinéma muet tout en proposant une version d’un Dracula original. Ici pas d’effets spéciaux ni, de gros moyens mais une œuvre désuète et pleine de charme qui fera passer aux amateurs du septième art et de vampires un moment aussi fascinant qu’agréable.