Gothika

Film américain de Mathieu Kassovitz

Avec Halle Berry, Robert Downey Jr, Penelope Cruz





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 07-01-2004

Durée: 1h40

 

L’effet Hollywood

Avant de mettre les voiles pour Los Angeles, Mathieu Kassovitz était-il un bon réalisateur ? Ceux qui ont été marqués par le déballage brut de La haine seront surpris de l’apprêt et des artifices grossiers mis à l’œuvre dans Gothika. Qui a souffert l’hématome des Rivières pourpres s’y retrouvera sans doute. Ce fut en tout cas pour Joel Silver fondateur de Dark castle Entertainment, l’occasion d’embaucher le jeune cinéaste français.

Halle de l’autre côté du miroir. Dans un sombre pénitencier pour femmes, Miranda (Halle Berry), spécialiste en psychologie criminelle, soigne des patientes dangereusement perturbées. Jusqu’au jour où elle se retrouve dans une cellule, et apprend qu’elle a assassiné son mari.

Le film réactive un tandem classique du film d’horreur, celui du rationnel et du fantasque voués à un éternel dialogue de sourd. Façon Silence des agneaux, il sonde la porosité des croyances, interroge les fluctuations de la mémoire et les troubles de la personnalité (attention : psychologie de comptoir).

Histoire de fantômes sans frayeur, Gothika nous épargne un decorum gothique, si ce n’est à travers la déclinaison d’un fantastique contemporain, où une camera omnipotente - initiée par N. Shayamalan, entre autres - infiltre parois et liquides. Photo granuleuse et lumière bleutée (du directeur de Requiem for a Dream) ne suffisent pas à enrayer la platitude de l’image.

Si la réalisation de Gothika, banal film de commande, n’est pas déshonorante, c’est qu’elle n’est que transparente.