In the cut

Film américain de Jane Campion

Avec Meg Ryan, Mark Ruffalo





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 17-12-2003

Durée: 1h58

 

Thriller féministe alambiqué

Jane Campion traverse une mauvais passe. Pour son dernier film, In the cut, elle a un peu trop chargé la barque. Impossible de faire le tour des sources d’inspiration de la cinéaste : de Basic Instinct à Seven en passant par NYPD et Sex and the city (les séries TV), sans oublier notre Breillat nationale (pour les scènes hard.), Jane Campion fait flèche de tout bois.

Mais elle ne rompt par pour autant avec ses propres thématiques : féminité brimée, émancipation douloureuse, exploration méticuleuse de la sexualité féminine, etc. Ambitieux, voire chichiteux sur le plan esthétique, le film pâtit cependant d’un scénario abracadabrant : une jeune femme new-yorkaise s’éprend d’un flic qu’elle soupçonne d’être lui-même (!) l’auteur des meurtres sadiques pour lequel il enquête. Entre deux étreintes torrides, l’héroïne découvre sa propre sœur découpée en rondelles dans sa baignoire… surprise déplaisante mais qui n’entame pas, néanmoins, sa détermination amoureuse. "Le cœur a ses raisons"… Bref, malgré des acteurs plutôt convaincus, sinon convaincants (Meg Ryan, plan-plan, Mark Ruffalo, moustache affriolante), la sauce ne prend pas. Ce qui démontre qu’avec des échalotes de Bretagne et du beurre d’Echiré, on peut rater un beurre blanc. Placé manifestement sous les auspices d’Hitchcock ("Que sera, sera" en ouverture, l’ascension du phare pour finir), le film n’accroche pas : ni le suspense ni l’envoûtement ne sont au rendez-vous. " What will be, will be…"