Kill Bill

Film américain de Quentin Tarantino

Avec Uma Thurman,Lucy Lu, Vivica A Fox, David Carradine





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 26-11-2003

Durée: 1h52

 

Kill Bill ou la giclée de ketchup émotionnelle qui fait déborder le verre de saké.

Six années après Jackie Brown, Quentin Tarantino récupère Uma Thurman, survivante de Pulp Fiction, et exp(l)ose un portrait sidérant de " la Mariée assassinée par ses collègues ".
Voici Uma ressuscitée, bien fraîche, changée en hallebardière vindicative; elle a troqué sa robe de tulle contre une combi jaune poussin qui fait mal aux yeux. Moins insoutenable que Reservoir dogs, Kill Bill est avant tout efficace.

La Uma à son Bibill, minable et grandiose au volant de son Pussy Wagon, aussi habile au maniement de la poêle à frire, que du coupe-coupe ou de la savate, est plus hargneuse qu’Aragorn, plus sexy que Bilbo. Le sang gargouille et les membres sont tranchés.
Hommage pastiche aux héros d’enfance de Tarantino, le film, qui déploie des figures dupliquées et filtrées par la culture pop US, est une relecture qui emprunte, pèle mêle, aux westerns spaghettis, aux Shaw Brothers, aux Yakusas, aux séries B, et aux films d’animation avec collégiennes sanguinaires en socquettes blanches. La structure basique est celle du kung-fu, cependant l’usage des chapitres vrille la temporalité et provoque l’éclatement de la ligne narrative.
Découvrir les rôles secondaires (Lucy Liu, Michael Madsen, David Carradine...) est un plaisir sacré qui ravira les aficionados. Le film vaut son pesant de sushis rien que pour ses musiques démentes et ses clins d’½il cyniques (à noter le romantique "Bang Bang my baby shot me down").

Tant d’agitation réveille, épuise, et rend fiévreux: mais force est de constater une certaine circularité, car, finalement, on a beau sonder et tâter la carcasse de Bill, ça sonne creux. En attendant, " tareta gueule à la récré et serre les fesses !" : ce n’est que le premier volume.