Crush (Le club des frustrées)

Film anglais de John Mac Kay

Avec Andie Mac Dowell, Imelda Staunton, Anna Chancellor





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 26-11-2003

Durée: 1h52

 

Cruches ?

Encore un premier film. John Mc Kay, venu du court métrage, a adapté une pièce de théâtre qu’il avait écrite pour en faire un (trop) long métrage. En passant, apprécions que les distributeurs français n’aient pas sauté sur le Club des mal-baisées (puisque c’était le titre original du scénario : Sad Fuckers Club) et se soient contentés du Club des frustrées. Les Anglais, eux, ont finalement opté pour Crush (Le Béguin).

L’idée de départ est amusante : trois amies, célibataires et quadragénaires, se réunissent tous les lundis pour picoler et se décerner le prix de celle qui a passé la plus mauvaise semaine. L’une d’elles, Kate, directrice coincée du collège local, succombe à la frénésie sexuelle d’un de ses anciens élèves, Jed, devenu organiste. Any time, any place, la quadra et le post-adolescent font l’amour dans tous les lieux possible : voiture, toilettes, cimetière… John Mc Kay ne fait pas dans l’allusif, émaillant son dialogue de jeux de mot sur l’organ (orgue) du jeune amant et transformant la délicieuse Andy Mc Dowell (car elle le vaut bien !) en nymphomane insatiable, ce qui est une bonne idée bouclant ainsi la boucle entamée par la frigide jeune fille de Sex, Lies and Video. Peu à peu, l’Amour, le vrai, va enrichir la simple attirance physique… Les deux autres amies du Club se doutent évidemment de quelque chose tant leur copine affiche désormais une mine réjouie. Quand elles découvrent la vérité, elles sont atterrées et décident que ce trop jeune garçon ne peut lui convenir. (Remarquons, au passage, qu’une telle réaction est inimaginable lorsqu’il s’agit d’un homme de 40 ans et d’une femme de 25.) Elles complotent donc pour faire capoter le couple.

Jusqu’alors, le scénario et la réalisation tenaient la route dans un climat léger de fantaisie inventive. Mais les dérapages ne vont pas tarder. Afin que le jeune homme, musicien virtuose, inspiré et joli garçon, présente une face noire, John Mc Kay en fait artificiellement une sorte de loubard mal luné, grossier, lapant sa soupe bruyamment, choquant ainsi la bonne société locale. Mais le pire reste surtout l’incapacité de conclure cette histoire avec élégance. Un brutal changement de ton nous plonge soudain dans le drame, sinon le mélodrame, accumulant les fausses fins durant une demi-heure, le scénariste inspiré du début se mettant à patauger : Jed meurt... Dès la bobine suivante, Kate propose d épouser le vieux pasteur qui l’aime secrètement depuis le début… Durant la cérémonie, elle vomit sur le futur mari et s’enfuit au lieu de dire " oui "… Est-elle gravement malade ?… Mais non, elle n’est qu’enceinte… La naissance du bébé inespéré réconcilie les membres du Club… Les happy endings se succèdent platement, cherchant en vain à retrouver la légèreté perdue en route. C’est d’autant plus regrettable que John Mc Kay est certainement doué et qu’il frôle la qualité des bonnes comédies anglaises qui ont conquis le public ces dernières années. Mais il n’est pas exclu que les fans de Bridget Jones adorent ce film, d’autant que les actrices s’amusent bien