Laurier Blanc
White oleander

Film américain de Peter Kosminsky

Avec Alison Lohman, Robin Wright Penn, Michelle Pfeiffer, Renée Zellwegger





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 12-11-2003

 

It’s my life (comme disait Bon Jovi).

Le cinéma est décidément obsédé par les motifs floraux : après le papier peint des Sentiments et les fascinantes orchidées d’Adaptation, le mortel " laurier blanc", fait ici figure de lourde métaphore. Laurier dont, à vrai dire, on se soucie comme d’une guigne, mais qui sert de prétexte au déploiement d’un mélo sur les affres de l’adolescence.

Nous est contée l’odyssée de la jeune Astrid (Alison Lohman), livrée à elle-même après l’incarcération de sa mère, Ingrid (Michelle Pfeiffer), artiste renommée. Astrid et Ingrid, donc, et s’il s’agit là d’un conte, pourquoi pas Winnie l’ourson.

Janet Fitch est l’heureuse auteur du livre, histoire émouvante et " ho-so-life ", qui a été élue " Bouquin du mois " par les grands mère de l’Iowa et les ménagères du Connecticut.

Entraînée dans une enfilade schématique de situations convenues (Astrid et sa marâtre, Astrid à la DASS, Astrid et son boyfriend boutonneux), ballottée de foyers en maisons d’accueil, l’adolescente échoue entre les griffes d’une catholique en rut (Robin Wright Penn), puis d’une actrice un peu bêtasse (Renée Zellwegger). Michelle Pfeiffer grimaçante (c’est elle, le laurier empoisonné), matrice destructrice, tentaculaire et malveillante, manipule sa fille depuis la prison, comme Sauron depuis son donjon.

Ce film aux allures de talk-show à rallonge est d’autant plus suffoquant et tiré par les cheveux qu’il se veut une ode à l’artiste et à la différence, le tout plombé par un discours démago sur l’indépendance. Laurier blanc marque l’éclosion, sinon de milliers de fleurs et de papillons, tout du moins d’Alison Lohman (repérée depuis par Ridley Scott), jeune fille mutante et sans âge.

Laurier blanc est une énième preuve de ce qu’il y a de formidablement agaçant à vouloir faire de toute quête une initiation, et à vouloir délivrer à tout prix un message " bouleversant et enrichissant " dixit John Wells, scénariste et producteur.