La FelicitÓ - Le Bonheur ne coűte rien
La FelicitÓ non costa niente

Film italien de Mimmo Calopresti

Avec M. Calopresti, Vincent Perez, Fabrizia Sacchi





Par Henri LanoŰ
 
Sortie le 12-11-2003

Durée: 1h32

 

ATTORE STUDIO

J’avais bien apprécié "la Seconda Volta " (1995) qui racontait l’étrange relation qui s’établissait entre la victime d’un attentat des Brigades Rouges (Nino Moretti) et la jeune femme qui en était l’auteur (V. Bruni-Tedeschi).

La même actrice, dans " Mots d’Amour " (1998), tentait de séduire un professeur de violoncelle indifférent, mais sa fragilité mentale condamnait l’entreprise.

" Je préfère le Bruit de la Mer " (2000), nettement moins intéressant, retraçait lourdement une relation père/fils défaillante.

Aujourd’hui, le scénario de " la Felicità " continue de creuser le sillon de l’incomunicabilità, mais il n’atteint guère l’originalité des premiers sujets traités par Mimmo Calopresti. Il y est question de la crise de la cinquantaine dans un récit qui évoque plus les romans-photos qui ont fait la fortune de l’éditeur Del Duca, après la dernière guerre, que les films d’Antonioni.

Le héros est un architecte échappé d’un film de Claude Sautet des années ’70 : clone de Michel Piccoli, il arpente les chantiers boueux à la tête d’une cohorte d’hommes casqués de plastique, distribuant les tâches à sa troupe soumise et admirative. Mais, à la casa, rien ne va plus : désir émoussé, usure du couple. La jeune maîtresse n’est guère mieux traitée. Quant aux amis de longue date, ils sont atterrés par la crise existentielle qui frappe leur vieux copain qui ne croit plus que l’argent fait le bonheur (sic)… Donc, rien ne va plus, d’autant que notre héros se fait tabasser par un voisin de palier irascible qui l’envoie à l’hôpital dans un coma profond, ce qui permet de compliquer le récit par des flash-back sophistiqués dans lesquels l’interlocuteur principal du blessé est le fantôme d’un ouvrier mort d’un accident de chantier dû à son imprudence… (J’engage ceux qui seraient intéressés par les dernières bobines à aller voir le film, car je ne vais quand même pas tout raconter.)

J’ai l’impression que la faiblesse de " la Felicità ", outre son scénario pesant, vient principalement de l’omniprésence de Calopresti acteur : on finit par être saturé par ce personnage envahissant (issu de l’" attore studio "?) qui est de tous les plans, vu de loin, de près, de face, de profil, de haut, d’en bas, riant, pleurant et, surtout, reniflant sans cesse. Quel ego démesuré ! Etre réalisateur/scénariste, c’est plutôt bien (surtout quand il s’agit de Bergman). Etre, en plus, l’interprète principal, c’est le sommet (surtout quand il s’agit d’Orson Welles). Mais quand on est ni l’un, ni l’autre…