Desperado 2. Il était une fois au Mexique...
Once upon a time in Mexico.

Film américain de Robert Rodriguez

Avec Antonio Banderas, Johnny Depp, Salma Hayek.





Par Christophe Litwin
 
Sortie le 22-10-2003

Durée: 1h40

 

Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé…

Pour quelques dollars de plus, Robert Rodriguez a décidé de réanimer son Desperado, suite lui-même d’El Mariachi, film réalisé à l’époque avec le plus petit budget de l’histoire du cinéma.

Pillant à nouveau Sergio Leone et Sam Peckinpah, Rodriguez est persuadé que le train sifflera trois fois. Et du point de vue du box-office, il n’aura certainement pas tort.

Pourtant la machine s’essouffle, tant les redites sont nombreuses. On retrouve l’inévitable Antonio Banderas en héros sombre et fatal, charismatique saltimbanque trimbalant dans sa boîte à guitare une quincaillerie capable de taquiner l’ego d’un James Bond ou d’un Terminator ! Sa seule étoile est morte et son luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie, etc.

Seule véritable nouveauté, et d’un agrément qu’il faut bien reconnaître : le personnage de Johnny Depp, sorte d’agent secret, de manipulateur cynique et fantasque, aveugle à la trahison jusqu’au jour fatal où… on lui crève les yeux. Le voir, tel Œdipe déguisé en cow-boy jouer à son tour les desperados est probablement ce qui justifiera pour certains d’aller voir ce film, et ce qui fera croire que l’imagination de Rodriguez, quand elle est mise au service d’un véritable talent est encore susceptible d’un renouvellement heureux.

Pour le reste, les redondances de ce scénario tarabiscoté, de ce western-opéra aussi violent que kitsch, mêlant de manière farcesque, grotesque, le destin épique du peuple mexicain à la vengeance impitoyable du ténébreux, du veuf, de l’inconsolé, donnent à ce divertissement un aspect bricolé, réchauffé, commandé.

On notera quand même un phénomène insolite. Un nombre étonnant de stars passées et présentes se sont précipitées pour y jouer : Banderas, Hayek, Depp certes. Mais aussi la collection bigarrée de Wilhem Dafoe, Mickey Rourke (eh oui, il existe encore, la dernière fois qu’on l’a vu, c’était dans un film de Van Damme !), et Enrique Iglesias (pour une performance dramatique digne du King, c’est-à-dire… dramatique).