Errance

Film franšais de Damien Odoul

Avec Laetitia Casta, Beno´t Magimel





Par Clara Schulmann
 
Sortie le 08-10-2003

Durée: 1h35

 

On nous parle d’un film entre rêve et cauchemar.  C’est un sentiment d’imposture qui l’emporte. Faux personnages, fausses situations, cris et hurlements, fausses années soixante.

Tout est faux, jusqu’aux cheveux de Laetitia Casta, blonds platine… Ses bagues gigantesques qui lui bouffent les doigts, ses cigarettes qu’elle fume nerveusement accentuent, à chaque bouffée, notre envie de lui demander ce qu’elle fait là, pourquoi elle-même semble s’attacher à un personnage de femme vide aussi vide que les rares mots qu’elle prononce. Le ventre d’alcoolique de Benoît Magimel, qui ne fait que roter, renvoie au vide de sentiments, de paroles, de gestes, de raisons d’exister de sa femme, qu’on a eu l’effarante idée d’appeler Lou. Entre les deux, un enfant, qui assiste à la rupture infinie d’un couple dont on se fout, mais dont la bêtise et la naïveté nous peinent. Ce type de cinéma ne refuse jamais l’hystérie, il s’y complaît .On s’y roule avec délectation sur nos belles plages du sud, loin du monde, qui peut-être, quelque part, s’agite justement pour quelque chose. Non ! Surtout pas de but, pas d’objectif, pas de message, on est tellement bien dans le rien, c’est si agréable de fumer des clopes en regardant la mer, avec des talons sixties et des pantalons pattes d’eph, en jouant la mère de famille parfaite car prisonnière, redemandant des coups, mais changeant de tenue pour chaque scène. Surtout ne penser à rien. Pas de sexe, pas de mots, pas d’ailleurs, juste le vide et nous, en face.